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http://www.journee-mondiale.com/161/journee-internationale-des-personnes-disparues.htm

Dans la nuit du 21 au 22 mars 1962, M. Charles BOSSERT, président de la Chambre d’Agriculture de Kabylie, est attaqué dans sa ferme par des « Hors-La-Loi » munis d’armes automatiques, puis enlevé.

Dans une note du 22 mars 1962 adressée au Haut-Commissaire de la République indique que « le nombre d’enlèvements d’Européens dans la région algéroise et la Mitidja est en progression constante. »

Le 2 avril 1962, Louis Joxe dans un télégramme « très secret » : « Je serais, pour ma part, très hostile à une intervention quelconque de la Croix-Rouge internationale dans tout ce qui concerne les arrestations et détentions d’Européens. »

Le 12 avril 1962, Norbert CARION, 14 ans, élève au collège technique, Miliana, est enlevé.

Le 23 avril 1962, Mlle Claude PEREZ, institutrice à Inkermann, est enlevée et se retrouve dans un « centre de repos » du FLN près de Ténès.

Le 7 mai 1962, 6 instituteurs et une institutrice sont enlevés à Oran.

Le 9 mai 1962, l'abbé Jacques CERDA, curé de Sidi-Moussa, est enlevé par le FLN : considéré comme disparu par l'Etat français, jamais retrouvé, mais selon la Croix-Rouge longtemps après, supplicié, martyrisé, trainé de camp en camp et assassiné.

Le 14 mai 1962, Félix CROCE est enlevé sous les yeux des forces de l’ordre françaises !

Le 20 mai 1962, l’adjudant GAGNAIRE et le sergent TORRES du 21ème R. T.  sont enlevés par le FLN et se retrouvent dans un hôpital FLN comme « donneurs de sang ».

Le 4 juin 1962, Guy LANCIANO et Daniel FALCONE sont enlevés à Alger, dans le quartier du Ruisseau. Ils subissent pendant 41 jours des tortures effroyables …

Ils seront libérés par un commando de l’OAS et remis aux services médicaux de l’armée française à l’hôpital Maillot.

Leur état physique est tellement dégradé qu’on les garde longtemps… trop longtemps dans cet hôpital… jusqu’au mois d’avril 1963, période à laquelle la Croix-Rouge avise les familles de leur transfert à l’hôpital de Nancy par avion sanitaire. JAMAIS ces familles ne les reverront !

Jean Dannen-Muller dans Carrefour du 6 juin 1962 :

« Les tueurs du FLN enlèvent chaque jour, jusque dans les villes algériennes, une moyenne de 100 à 150 pieds-noirs … même lorsqu’il s’agit d’officiers français, la gendarmerie et l’armée française ne tentent pas de les retrouver, sous le prétexte que ce serait une infraction aux accords du cessez-le-feu. Elles n’élèvent même pas de protestation. »

Le 14 juin 1962, Mme VALADIER est enlevée à Alger par le FLN et se retrouve dans une maison close de la basse casbah.

Le 5 juillet 1962 à Oran, le FLN enlève des centaines de civils français (officiellement 347) : les hommes sont condamnés à la mort lente, au travail forcé, les femmes et les jeunes filles livrées à la prostitution

De juillet à octobre 1962, 1380 enlèvements !

En 1963, ce sont 2200 déclarations de disparitions qui ont été faites à l’ambassade de France !

Le 30 janvier 1963, le consul général d’Alger attire l’attention du ministre algérien des Affaires étrangères Mohamed Khemisti sur l’existence de locaux de torture notamment au 5ème étage de la préfecture d’Alger d’où un Français, M. BORDIER, s’est suicidé en se jetant par la fenêtre pour échapper à son supplice !

Dès le mois de mai 1963, Jean de Broglie, alors secrétaire d'Etat aux Affaires algériennes, annonce à l'Assemblée Nationale le bilan suivant : 3 080 Européens enlevés ou disparus, dont 18 retrouvés, 868 libérés, 257 tués.

En octobre 1963, le même de Broglie reçoit les résultats d'une commission d'enquête menée en Algérie par la Croix-Rouge. Faute d'avoir obtenu l'accès à une vingtaine de camps de prisonniers, l'organisation humanitaire conclut à la disparition certaine de 1 500 personnes.

Ce rapport, frappé du délai de confidentialité trentenaire, n'a pas été communiqué aux familles en 1993. Ses résultats n'ont été révélés qu'en 2003. L'année suivante, le Quai d'Orsay rendait publique une liste de 3 689 noms. Elle a été révisée dès juillet 2005: on y a soustrait 1 408 personnes retrouvées, pour parvenir à 2 281 noms.

R. Langlois dans Carrefour du 27 novembre 1963 :

« Il y a encore en Algérie plusieurs dizaines de Françaises portées disparues, mais encore vivantes -on parle même de 100- qui ont été enfermées dans des maisons closes … On signale que parmi ces malheureuses, une quarantaine, pour la plupart femmes d’officiers ou de sous-officiers, seraient devenues folles … »

Le 12 novembre 1964, Le Figaro lançait le chiffre de 6000 à 6500 Européens enlevés entre le 19 mars 1962 et le 31 décembre 1962

Le 26 janvier 1971, le Président algérien Boumedienne déclarait : « A Paris, on semble ignorer que nous détenons un grand nombre d'otages français. Quand il le faudra, nous en communiquerons la liste à la presse, d'où une émotion considérable en France. Alors, pour obtenir la libération de ces otages, il faudra y mettre le prix. »

Fin 1971, 750 disparus européens ont été vus et contactés dans les camps de travail situés à proximité des puits de pétrole d'Hassi-Messaoud. A l'automne 1972 (plus de 10 ans après l’Indépendance !), quelques-uns de ces hommes ont tenté de s'évader. On les a retrouvés bastonnés à mort sur la rocade sud, avec la main droite coupée.

M. Poniatowski affirmait qu'en 1975 (il était alors Ministre de l'Intérieur), il y avait encore des centaines de captifs en Algérie.

En 1ère page de l’hebdomadaire « Spécial Dernière » du 23 avril 1982, on pouvait lire : "EXCLUSIF : Les photos des Français détenus sans raison PRISONNIERS EN ALGERIE depuis VINGT ANS. Un vrai camp de concentration installé du côté de Tizi-Ouzou". Au total 15 photos sous lesquelles figuraient les noms et prénoms des "disparus".

Une directive interne du FLN précise : « Désormais les enlèvements ne seront plus effectués sur des individus mais sur des familles entières. »

On peut lire sur le site de la journée internationale des personnes disparues :

« De son côté, le Comité International de la Croix-Rouge basé à Genève déplore le manque de volonté politique de s'attaquer à ce problème. »

« Dans un rapport intitulé : Personnes portées disparues - une tragédie oubliée, l'organisation attire l'attention sur le drame trop souvent ignoré que vivent des dizaines de milliers de familles, de la Bosnie au Népal, de la Géorgie au Sri Lanka. »

« "Il est impératif de faire face à cette tragédie et d'aider les familles de disparus à faire la lumière sur ce qu'il est advenu de leurs proches. Ne pas savoir si un être cher est mort ou vivant provoque une angoisse indicible, de la colère et un profond sentiment d'injustice, et empêche les proches de faire le deuil et de tourner la page", constate Pierre Krähenbühl, directeur du CICR »

RAPPELONS QU’EN 1962, APRES LES DISPARITIONS MASSIVES D’EUROPEENS, LA CROIX-ROUGE N’A ENVOYE QUE 25 ENQUETEURS -POUR 475 000 KM2 SANS COMPTER LE SAHARA- !

Lien vers la liste des disparus :

http://babelouedstory.com/thema_les/disparus/00_accueil/00.html

Le 28 octobre 2011, l’historien (pied-noir) Jean-Jacques JORDI sort, après 4 ans de recherches dans les archives gouvernementales, son ouvrage « Les disparus civils européens de la Guerre d'Algérie : Un silence d'Etat »