La substance de cet article est celle d’une leçon faite le 4 mars 1932 à la Faculté des Lettres d’Alger, qui figure sur le site de la bibliothèque numérique de l’Ecole Nationales des Chartes (Sorbonne). 

Né Charles Emile Stéphane à Paris le 7 février 1864 d’une famille protestante d’origine alsacienne, établie en Suisse, à Saint-Gall, depuis plusieurs générations.

(Aux ANOM, on trouve d’ailleurs :

- une Gsell Anne Marie Françoise née en 1814 à Hegenheim qui se marie en 1853 à Mustapha,

- une Gsell Julie née en 1830 au même Hegenheim qui se marie en 1875 à Staoueli,

- une Gsell Léonie Mathilde née en 1894 à Oran, fille de Albert né à Velthein Suisse)

Son père était artiste peintre.

Il entre à l’Ecole Normale en 1883.

Il en sort en 1886, reçu premier à l’agrégation d’histoire.

Membre de l’Ecole française de Rome de 1886 à 1890.

De début février à fin mai 1889, il fait des fouilles dans la nécropole étrusque de Vulci.

En 1890, il est docteur es lettres.

Un arrêté ministériel de novembre 1890 le nomme chargé de cours d’archéologie à l’Ecole supérieure des lettres d’Alger.

En 1894, il soutient son doctorat : sa thèse « essai sur le règne de l’empereur Domitien » fait encore autorité 40 ans plus tard.

A partir de décembre 1894, il occupe la chaire d‘antiquités de l’Afrique comme professeur titulaire à l’école des lettres.

A partir de 1900, il est inspecteur des antiquités de l’Algérie, charge qu’il conserva jusqu’à sa mort trente ans plus tard.

A partir de 1902, il est directeur du musée des antiquités algériennes et d’art musulman et correspondant de l’Institut.

Par décret du 9 avril 1903, il est fait chevalier de la Légion d’Honneur.

Le 24 novembre 1903, il réside 77 rue Michelet à Mustapha.

En 1905, il est le principal organisateur de l’Exposition d’art musulman installée à la Médersa d’Alger.

En avril 1905, lors d’un voyage en Algérie du président de la République, celui-ci lui remet sa décoration (Légion d’Honneur).

Il quitte Alger dans les premiers mois de 1912, appelé comme professeur au Collège de France (où la chaire d’Histoire de l’Afrique du Nord est créée pour lui) mais il y revient périodiquement.

A partir de 1919, il est inspecteur général des musées archéologiques et scientifiques d’Algérie.

En 1923 il est membre de l’Académie des Inscriptions.

En 1930, à Alger, il préside le Vème Congrès international d’archéologie.

En octobre 1931, à Paris, il préside le cinquantenaire de l’Ecole de Rome.

On lui doit notamment :

recherches archéologiques en Algérie (1893), qui contiennent, outre un mémoire sur la basilique de Sainte-Salsa, le compte-rendu de ses explorations dans la région de Sétif et Souk-Ahras

guide archéologique des environs d’Alger (1896)

brochure sur les fouilles de Bénian en Oranie (1899)

les monuments antiques de l’Algérie (en 2 volumes 750 pages et plus de 100 planches 1901),

enquête administrative sur les travaux hydrauliques anciens en Algérie (1902)

Atlas archéologique de l’Algérie (1902-1911),

Fouilles de Gouraya, dans une nécropole punique à l’ouest de Cherchel (1903)

Brochure sur Les industries indigènes en Algérie (1903)

une Histoire ancienne de l’Afrique du Nord en 8 volumes 3200 pages de format grand in-8° publiés de 1913 à 1928 chez Hachette (de la préhistoire à l’an 40 de JC),

http://www.algerie-ancienne.com/livres/gsell/gsell.htm

inscriptions latines de l’Algérie (en 2 volumes 1922),

promenades archéologiques aux environ d’Alger (1926), mise à jour de son guide de 1896

article sur Le christianisme en Oranie avant la conquête arabe (1928)

Dans son introduction à histoire et historiens de l’Algérie (1931), il annonce la suite de ses travaux qui devaient couvrir la période romaine …  

… mais une affection grave l’atteint fin septembre 1931 …

… il est emporté par une embolie dans la matinée du 1er janvier 1932 à Paris.

« Et il est un au moins de ses amis algériens qui doit être nommé ici : c’est M. Dominique Luciani, qui lui était particulièrement cher, et qui, comme directeur des Affaires indigènes, fut son collaborateur dans la création du Musée d’art musulman et dans bien d’autres tâches. »

(vu le site des ANOM, il doit s’agir de Jean-Dominique Luciani né en 1851 en Corse, chef de bureau -des Affaires Indigènes- au Gouvernement Général en 1899)

Jérôme Carcopino, lui aussi né en Corse, chargé de cours à la Faculté d’Alger en 1912, directeur du musée national des antiquités algériennes en 1913, lance l’idée dans le Journal des débats du 5 janvier 1932 qu’il conviendrait d’appeler du nom de Stéphane Gsell un centre de colonisation situé quelque part en Algérie, dans une région riche en ruines romaines …   

On donna son nom à un lycée d’Oran pour lequel je dispose des livrets de distribution des prix pour les années scolaires 1956-1957 et 1957-1958 : y figurent les noms des professeurs, des élèves …