source : Documents sur l’histoire de l’Algérie et de l’Afrique septentrionale pendant le Moyen-âge relations avec Pise (1849)

Où l’on verra que les Italiens, et plus précisément les ressortissants du royaume de Pise, établirent des comptoirs en Afrique du Nord, et plus précisément aux royaumes de Maroc et de Tunis, mais aussi dans les royaumes algériens de Bougie, Djidjelli, Collo et Bône, dès le milieu du XIIème siècle, et ce pendant près de deux siècles et demi.

Le consul Coco Griffi passe pour le premier qui ait été envoyé en ambassade solennelle pour la république de Pise auprès des émirs de Bougie et de Tunis, et le premier qui ait obtenu les franchises pour la sécurité des marchands pisans venant commercer en Afrique.

En 1134, la république (de Pise) négocia un traité de paix avec le sultan de Maroc.

En 1140, les Pisans s’emparent de l’île de Tabarca, près de la Calle, dont ils exploitent les bancs de coraux.

(Ce n’est que trois siècles plus tard, en 1450, que la Compagnie marseillaise des Concessions d’Afrique s’installe sur la côte barbaresque entre Bône et Tunis et installe le « Bastion de France » à la Calle, où les Français pêchent le corail à leur tour)

En juin 1157, lettre d’Abou-Abd-Allah, roi de Tunis, à l’archevêque et au peuple de Pise : l’émir annonce aux Pisans, ses amis les plus chers parmi les peuples de la chrétienté, la victoire qu’il vient de remporter sur les Masmoudis (grande tribu berbère qui étendit sa domination ou ses ravages sur tout le pays depuis Sousa jusqu’à Tlemcen et Fez). Répondant aux lettres qu’il avait reçues de l’archevêque, Abd-Allah  dit que le tort causé aux Pisans par une galère égyptienne ne s’est effectué qu’après le départ de la galère du port de Tunis ; il annonce des mesures nouvelles pour la plus grande sûreté des Pisans dans son royaume, et diminue les droits qu’ils payaient sur les grains, l’alun et les marchandises non vendues.

Le 19 mai 1182, de Pise, lettre de l’archevêque, des consuls, des conseillers et du peuple de Pise à l’émir Youssouf, au sujet d’une difficulté qu’on faisait aux Pisans pour l’extraction des cuirs et maroquins du royaume de Bougie.

En 1230, un traité, renouvelant sans doute les franchises dont ils jouissaient dans les royaumes de Tunis et de Bougie, confirment la faculté qu’ils avaient d’établir des comptoirs dans les villes de l’émir, sans être soumis à d’autre juridiction qu’à celle de leurs propres consuls.

En 1237, lettre de deux Arabes, sujets du roi de Tunis, à U. Visconti, podestat de Pise, relative à une affaire litigieuse pendante à Gênes.

Le 8 mai 1241, à Pise, décision d’arbitres nommés par le podestat de Pise, autorisant le chapelain des Pisans établis à Tunis à occuper ou à louer une boutique située près du fondouc (maison et comptoirs que chaque nation étrangère avait dans la ville où elle commerçait) des Pisans à Tunis, et réclamée à tort par une société de marchands de Pise comme leur ayant été vendue par la République.

Le 25 avril 1260, à Pise, le camérier de l’archevêque de Pise remet, au nom de ce prélat, au mandataire du prêtre Opitho, l’administration spirituelle et temporelle de l’église de Sainte-Marie-de-Tunis, et lui donne décharge de la somme de dix livres pisanes, payées pour le cens annuel que doit ladite église à l’archevêque.

Le 23 mars 1261, à Pise, notice d’un prêt fait à un citoyen de Pise, de la maison des Lanfranchi, à l’occasion d’un voyage et d’une expédition de marchandises qu’il devait envoyer à Bougie.

Le 29 avril 1272, à Pise, le prêtre Jaffero, nommé par l’archevêque de Pise, recteur de l’église des Pisans à Bougie, ayant été obligé de quitter cette ville à cause de l’expédition dirigée par le roi de France (Saint Louis) contre le royaume de Tunis (en 1268), l’archevêque investit de nouveau Jaffero de la même cure, sur la demande de ses concitoyens revenus à Bougie.

Le 27 avril 1326, contrat de nolis pour un voyage de Pise à Castello di Castro de Sardaigne, à Djidjelli, Bougie et Collo …

Le 14 mai 1354, à Tunis, traité de paix et de commerce, pour dix ans, entre la république de Pise et l’émir Abou Ishak Ybrahim, roi de Tunis, négocié par Renier Porcellin, ambassadeur de la république.

Le 11 septembre 1379, à Pise, procurations de Pierre de Gambacorte, capitaine de Pise, des anciens et du défenseur du peuple au chevalier Rainier de Gualandi pour traiter de la paix entre la république et les rois de Bône, de Bougie et de Tunis.