Le 23 avril 1961, le général de Gaulle prononce son fameux discours :

 

« Un pouvoir insurrectionnel s’est établi en Algérie par un pronunciamento militaire.

Ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite. »

 

En jazz, quatre musiciens forment un quartet(te) ; en musique de chambre, ils sont un quatuor.

 

Les informaticiens connaissent aussi le quartet (moitié d’un octet), les mathématiciens le quadruplet.

 

Les turfistes jouent au quarté.

 

Mais voyons les différents sens du mot quarteron :

 

1) Dès 1244 au sens de « quart d’une livre », qu’il a encore chez Molière (Georges Dandin 1668) : « Il ne faut point tant de beurre pour faire un quarteron. » Au sens aussi de quart d’un cent, dans les transactions commerciales … puis Zola (le ventre de Paris 1873) : « Des femmes qui vendaient des paquets de feuilles de vigne attachés par quarterons. »

 

2) Dès 1688, emprunté à l’espagnol cuarteron (de cuarto, quart), pour désigner un homme, une femme, issu(e) d’un(e) blanc(he) et d’un(e) mulâtre(sse). Ainsi chez Stendhal (le coffre et le revenant 1837) : «  lui enlevait ses belles couleurs pour lui donner le teint d’une quarteronne  » : ¼ de sang « autre » que reçoit le quarteron (au niveau des grands-parents)

 

3) En extension du sens 1, pour désigner un petit nombre, une poignée. Dès 1616. Ainsi chez Aragon (Semaine Sainte 1958) : « Ce n’était pas le peuple qui était là, mais un quarteron de conjurés monarchistes. »

 

La proximité et chronologique (de Gaulle a-t-il lu Aragon ?) et de sens qu’a pu vouloir lui donner de Gaulle (les généraux sont bien des conjurés pour lui) me font pencher pour cette définition.