Cité Catholique  
 
source principale : Catholicisme d’extrême-droite et croisade anti-subversive par Jacques Maître (CNRS) dans la revue française de sociologie 1961 
 
En 1939, Jean Ousset, né le 28 juillet 1914 à Porto (Portugal), étudiant aux Beaux-Arts et ouvrier d’usine,  va rencontrer, par l’intermédiaire de l’abbé Choulot, Charles Maurras de l’Action Française (1899), qui le mettra à la une de son journal du lendemain et le désignera comme l'un des plus sûrs continuateurs de son œuvre intellectuelle et morale.
 

Jean Ousset

 
                                                                             Jean OUSSET
 
En 1942-1943, un de ses collègues n’est autre que … François Mitterrand.
 
Le travail doctrinal de Jeune Légion, du 1er novembre 1942 au 15 octobre 1943, sans être officiellement catholique, est de toute évidence le point de départ de Verbe.
 

Jeune Légion

 
En 1943, Jean Ousset publie Histoire et génie de la France
 
En 1944, il publie Fondements d’une doctrine
 
En 1944, Jean Ousset, sur proposition de son ami d’enfance Jean Masson, suit une retraite prêchée par le Père Vallet, fondateur de l’œuvre de Coopération Paroissiale du Christ-Roi.
 
En 1946, il publie sous le pseudonyme de Jean Marial Au commencement, rappel de quelques principes et notions
 
Le 29 juillet 1946, à la Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, Denis Demarque, Jean Masson et Jean Ousset créent le « Centre d'Etudes critiques et de synthèse » (dont le but était de susciter une élite d’hommes voués à la restauration d’une France chrétienne). 
 
En novembre 1947, naissance de la revue Verbe, périodique à parution irrégulière par laquelle s’exprime le « Centre » …
 
Le Centre prend en 1949 le nom de « La Cité catholique »
 
Les éléments de base de l'organisation sont des « cellules », groupant au maximum 10 membres et qui ne doivent jamais se manifester à l'extérieur qu'en accord direct dans chaque cas avec la direction nationale; les cellules sont groupées en « réseaux géographiques et par états ». On aura une idée du degré atteint dans l'évolution de la « Cité catholique » vers ce genre d'organisation en notant que le développement du réseau de cellules a été rendu possible dans l'armée par la clandestinité de ces cellules, au point que l'officier qui organise une cellule dans son unité doit agir par personnes interposées. Les consignes de Verbe ne laissent aucun doute à ce sujet et conseillent expressément une prudence d'autant plus grande que les règlements militaires interdisent les associations secrètes au sein de l'armée. 
 
En 1956-1957, la Cité catholique de Jean Ousset a ainsi pu créer clandestinement dans l’armée, sous l’impulsion du capitaine Cathelineau (né à Paris en 1921, blessé en Indochine en 1948, militant de la Cité catholique depuis 1952), un réseau de cellules d’études et d’action : on en comptera en Algérie plus d’une centaine, chacune de 5 à 6 soldats ou gradés.
 

CATHELINEAU Gérard capitaine

 
                                                                           capitaine CATHELINEAU
 
Dans Nouvelles de chrétienté du 14 avril 1957, on peut lire :  « Le dernier Roi Très Chrétien (Charles X) a été renversé par la Révolution au lendemain même d'une véritable Croisade (la conquête de l’Algérie) »
 
Le 12 juillet 1957, le capitaine Cathelineau tombe à Tamaghoucht, près Béni Douala, Grande Kabylie, en voulant protéger un adjudant de gendarmerie.
 
Dans Verbe d’août-septembre 1957, on peut lire un article du capitaine de Cathelineau « Le rôle d'un animateur en unité opérationnelle »
 
Dans Verbe (n° 90, 91 et 92), puis en brochure et reproduit en mars 1958 par Contacts, périodique de la Xème Région militaire (celle d'Alger), on peut lire sous la plume de Cornelius (pseudonyme) un article intitulé « Morale et guerre révolutionnaire » qui s’applique absolument à la guerre d’Algérie :
 
« La plus haute vertu dans l'ordre naturel est celle qui tend à maintenir ou restaurer cet ordre dans les sociétés humaines (...). Le crime le plus grave dans le domaine des choses naturelles est celui qui tend à l'anéantissement, au renversement complet, à la subversion de cet ordre. Ce crime s'est luimême donné un nom, celui de Révolution. »
 
Dans une interview (Le Monde, 9 juillet 1958), le docteur Bernard Lefèvre allait jusqu'à affirmer que le mouvement du 13 mai était directement issu de la « Cité catholique » et inspiré de la revue Verbe.
 

LEFEBVRE Docteur

 
                                                                            docteur LEFEBVRE
 
En février 1959, au cours d'une journée « corporative et nationale » du « Rassemblement paysan », les délégués ont pu entendre ces phrases de Robert Martel, créateur de l’UFNA en 1955 et leader du « M.P. 13 » depuis octobre 1958 : « De Gaulle nous conduit à une catastrophe nationale. Si nous devons attendre un miracle, c'est de Dieu seul qu'il peut venir, et c'est sous le signe de la foi que moi, Martel, chef d'une nouvelle croisade, je me place. »
 

Robert Martel

 
                                                                           Robert MARTEL
 
Dans Nouvelles de chrétienté du 3 décembre 1959, on peut lire : 
 
« La situation de la France n'est pas si mauvaise que cela : une élite se lève depuis plusieurs années, qui est doctrinalement équipée, moralement intacte, et décidée; une armée existe qui, par une sorte de miracle, se préoccupe de déceler, dévoiler, stigmatiser les ruses et les machinations de la guerre psychologique et destructrice de l'adversaire, ennemi aussi et surtout du règne du Christ et de la civilisation chrétienne; une armée qui ne cesse, seule dans le monde, de mener le combat et de donner de jeunes et émouvantes victimes à la cause la plus élevée. »
 
Au congrès de 1960 de la Cité catholique à Issy-les-Moulineaux, on peut rencontrer : le maréchal Juin (ORA), les généraux Weygand (président des Amis de Jeanne d’Arc), Chassin (ACUF, Grand O exCagoule), Touzet du Vigier, Frémiot, les amiraux Auphan et de Penfentenyo (père général né à Alger), le docteur Lefebvre … 
 
Début 1960, un délégué parisien de la Cité catholique vient à Alger prendre contact avec le FNF.
 
Le 11 août 1961, une note de Gardes annonce l’arrivée dans les rangs de l’OAS du capitaine (Légion) Philippe Le Pivain, dit « Cap », Breton d’origine, membre de la Cité catholique, fils d’un amiral. Il opérera la fusion des réseaux « Jeune Nation » et « France Résurrection » à l’OAS sous le vocable (FN -pour Front Nationaliste-OAS).
 

LE PIVAIN Philippe Capitaine

 
Georges Grasset, un des premiers collaborateurs de Jean Ousset, entré en religion et ordonné prêtre en 1957, a été le conseiller spirituel d'un certain nombre d'opposants à la rupture de l'Algérie et de la France, dont le général Salan, les colonels Argoud et Château-Jobert, Lagaillarde … 
 
Le 19 janvier 1962, René Villars (France Résurrection, commando Z) et Michel Leroy (Jeune Nation, commando Z) sont abattus par un commando Delta sous les ordres du capitaine Le Pivain. 
 
Dans l’Homme nouveau du 18 mars 1962, est publiée une lettre de Mgr Lefèvre (alors évêque de Dakar) qui défend Jean Ousset et la Cité catholique … 
 
En 1963, la Cité catholique prend le nom d’Office International des œuvres de formation civique et d’action doctrinale selon le droit naturel et chrétien