Lu dans Secrets d’Etat de J.-R. Tournoux 1960 (Plon)

Le corps expéditionnaire (français en Indochine) comprend 48 000 hommes. Parmi les chefs militaires, des noms que nous retrouverons le 13 mai 1958 en Algérie : le général Salan, l’amiral Auboyneau, Massu, Bigeard, rejoints plus tard par le général Chassin, commandant de l’Air et tant d’autres.

Certes, Algériens ou Marocains, depuis 1870 ou depuis 1940, ont participé à des combats dont nos armes sont sorties défaites. Mais à Cao-Bang, les bataillons africains constatent, pour la première fois, que le Jaune, le colonisé est capable de battre à plate couture l’Européen.

Dans les camps viets, les prisonniers arabes ou kabyles sont souvent séparés des Européens. Un endoctrinement spécial leur est consacré. Avec patience, les Viets sèment. La récolte aura lieu, plus tard, beaucoup plus tard s’il le faut, en Afrique.

Des hauts-parleurs clament … en arabe … « Soldats, allez-vous mourir pour les colonialistes ? »

Le 11 mai 1954, M. Christian Fouchet, député RPF de la Seine, déclare à l’Assemblée nationale : « Savez-vous que dans les boîtes aux lettres de Casablanca, certains Français trouvent de petites cartes postales sur lesquelles il est écrit : « Casablanca sera le Dien-Bien-Phu des Français ? » 

Un Musulman, employé aux Eaux et Forêts, déclare (après le 1er novembre 1954) : « On nous avait dit qu’il n’y avait plus d’armée française, qu’elle avait été détruite en Indochine … On n’allait tout de même pas manquer cette occasion ! »