harkis et supplétifs
Le 12 août 1830 (2 mois après le débarquement de la flotte française à Sidi-Ferruch), le colonel Alfred d'Aubignosc et le colonel Yusuf prennent contact avec le porte-parole de la "nation zouave" (zouaouas) : ce seront les premiers supplétifs de l’armée français, dont les formations se transformeront progressivement en unités régulières et seront incorporés dans l’Armée d’Afrique.
Le 10 septembre 1834, création du corps des Spahis algériens.
Le 7 décembre 1841, création des tirailleurs algériens ou Turcos.
Dès le mois de novembre 1954, Jean Vaujour, directeur de la Sûreté générale en Algérie, propose la mise sur pied de troupes supplétives.
Les Groupes d’AutoDéfense (GAD) apparaissent dans les régions où les maquis de l’ALN sont présents. Formés de bénévoles (hormis les chefs de groupe) et seulement armés pour moitié d’entre eux, ils sont chargés d’empêcher les maquisards de se ravitailler et d’alerter les postes militaires français des mouvements des rebelles. Ils sont au nombre d’environ 60 000 hommes.
Le 29 janvier 1955, les Groupes Mobiles de Police Rurale (GMPR) sont officialisés. Composés de « gardes ruraux » ou de goumiers, ces supplétifs forment les goums (de l’arabe qawm signifiant « peuple », « groupe »).
En 1955, les moghaznis (de l’arabe maghzen signifiant « dépôt », « bureau ») sont chargés de la protection des SAS (à la fin des années 50, il existe 697 Sections Administratives Spécialisées sous commandement militaire), à raison de 25 à 30 par SAS.
En avril 1956, une circulaire du ministre résident Lacoste officialise les harkis (de l’arabe haraka signifiant « mouvement »).
En octobre 1957, le cabinet de Robert Lacoste propose de changer le nom de « harka » (formation composée de harkis) en celui de « formation algérienne de contre-guérilla ». Le général Salan refuse ce projet qui « aurait jeté les bases d’une future armée algérienne, matérialisant ainsi le principe d’une nation algérienne. »
En 1958, les GMPR (29 janvier 1955) se transforment en Groupes Mobiles de Sécurité (GMS).
Le décret du 7 novembre 1961 précise le statut des harkis.
Le 11 décembre 1961, l’armée reconnaît aux harkis un statut sous forme de contrats limités à 1 mois mais renouvelables.
Le décret du 20 mars 1962 offre trois solutions à 28 395 harkis :
- l’engagement dans l’armée régulière : 6% font ce choix
- revenir à la vie civile avec prime de licenciement et de recasement
- reconduire un contrat de 6 mois pour bénéficier d’un temps supplémentaire de réflexion
Dans sa directive du 15 avril 1962, le ministre des Armées demande le désarmement immédiat de tous les harkis, de ne plus laisser de délai de réflexion et « d’assurer le regroupement sous protection des unités militaires, harkis et familles qui se sentent menacés et n’auront pas choisi le licenciement … Toutes opérations désarmement doivent être terminées le 15 avril et dissolution toutes harkas 1er mai. »
La note de service du général de brigade Guillard du 16 avril 1962 précise que « une trop large diffusion de cet avantage (transfert des harkis menacés) risquerait de provoquer un afflux de demandes qui nous conduirait à opérer un tri sévère et à refuser le bénéfice de la mesure pour un nombre important de candidats. »
Dans un télégramme du 12 mai 1962, Louis Joxe communique au haut commissaire en Algérie Christian Fouchet : « Les renseignements qui me parviennent sur les rapatriements prématurés de supplétifs indiquent l’existence de véritables réseaux tissés sur l’Algérie (chef SAS) et la métropole … Vous voudrez bien faire rechercher tant dans l’armée que dans l’administration les promoteurs et les complices de ces entreprises et faire prendre les sanctions appropriées. Les supplétifs débarqués en métropole en dehors du plan général de rapatriement seront renvoyés en Algérie … »
Le 13 mai 1962, le ministre de l’Intérieur demande à tous les préfets de métropole d’ « adresser la liste nominative de tous éléments harkis arrivés dans le département, en précisant lieux et conditions de leur hébergement, plus l’identité précise des personnes ayant pris initiative de ces installations … Vous renouvelle que vous devez vous opposer à tous projets dans ce domaine en dehors des mesures adoptées par le secrétariat aux rapatriés. »
Le Figaro du 25 mai 1962 évoque un groupe d’une soixantaine de harkis, dont les papiers ne sont pas en règle, refoulés de Marseille.
Des dizaines de milliers de harkis seront massacrés par les bourreaux du FLN …