19 octobre 2011, lettre ouverte au président de la République de Roger SONCARRIEU

Que ce soit dans les salles de cinéma ou à la télévision, les films concernant la période de la guerre d’Algérie, mais vue uniquement du côté algérien, ont le vent en poupe. Après, le film « Hors-la-loi » (et d’autres, comme « Les porteuses de feu »), voici que sont proposés aux Français deux nouveaux films : « Ici on noie les Algériens, 17 octobre 1961 » (film de Yasmina Adi) et « Octobre à Paris » (film de Jacques Panijel) : c’est tout simplement consternant !

Dans le même temps, le film historique de Charly Cassan et Marie Havenel, « La valise ou le cercueil, l’Algérie de 1830 à nos jours », se voit refuser une diffusion sur nos chaînes de télévision. Sans doute pour cause de trop grande objectivité par rapport aux événements d’Algérie. « Ce film ne correspond pas aux exigences de notre ligne éditoriale », voilà ce que répond la chaîne Arte ! Quant aux autres chaînes, c’est une question de programmation (?) et ce film arrive trop tard …

Jacques Panijel a été signataire du « manifeste des 121 » pour le droit à l’insoumission en Algérie, le 6 septembre 1960, et son film, « Octobre à Paris », a été interdit pendant un certain nombre d’années (jusqu’en 1973). Cela prouve qu’en France, un film peut fort bien être interdit de diffusion. Alors pourquoi des films anti-français, à la gloire du FLN, des poseuses de bombes et autres porteurs de valises sont-ils autorisés aujourd’hui ?

Quand on présente des chiffres de morts ou de blessés multipliés par dix, par cent ou par mille, comme cela est le cas pour les événements de Sétif en 1945 ou la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris, ce n’est plus de l’information, c’est (permettez-moi l’expression) du « bourrage de crâne », visant à faire de la France un pays toujours plus repentant.

Le 17 octobre 1961 a été une manifestation (qui n’avait rien de vraiment pacifique) organisée pour défier la France, où le FLN a enrôlé de force des milliers de participants qui ne souhaitaient pas spécialement participer.

Rappelons que le FLN avait été reconnu organisation terroriste, dissoute par décret du 29 juin 1957 jusqu’au 18 mars 1962.

Quant aux Algériens qui auraient été jetés dans la Seine (soi-disant plusieurs centaines), personne – semble-t-il – n’a jamais retrouvé les corps. Question par ailleurs : ceux des Algériens qui auraient été jetés dans la Seine, l’ont-ils été vraiment par des policiers, ou par le FLN, dont les règlements de compte avec le MNA de Messali Hadj ont été nombreux ? Les chiffres officiels indiquent, quant à eux, entre 2 et 7 morts, et pas forcément à mettre au compte de la police.

Voilà même qu’une proposition de loi vient d’être déposée il y a quelques jours au Sénat, tendant à la reconnaissance de la répression d’une manifestation à Paris le 17 octobre 1961. Un groupe de sénateurs voudrait que la France reconnaisse « le massacre de centaines d’Algériens, perpétré par la police française sur ordre de ses supérieurs, lors de la manifestation du 17 octobre 1961 à Paris ».

Le 17 octobre 2012, François Hollande a publié un communiqué dans ce sens.

Cela alors que la proposition de loi du 29 avril 2010 est toujours en attente (pour examen) à la commission de la défense nationale et des forces armées ; il est pourtant, là, très facile à la France de reconnaître « les souffrances subies par les citoyens français d’Algérie victimes de crimes contre l’humanité commis du 19 mars 1962 au 31 décembre 1963 du fait de leur appartenance ethnique, religieuse ou politique ».

Monsieur le président de la République, je vous le demande, quand allons-nous cesser de nous battre la coulpe et arrêter d’autoriser (ou de ne pas interdire) tout ce qui a un caractère anti-français (« Marseillaise » sifflée, drapeaux brûlés, rappeurs aux paroles provocatrices, etc.) ? Quand allons-nous cesser de recevoir gentiment, tant à Paris (au Sénat et ailleurs) qu’à Marseille, une Mme Zohra Drif-Bitat, certes aujourd’hui vice-président du Conseil de la nation algérienne, mais hier poseuse de bombes en Algérie. C’est elle, notamment, qui a posé une bombe au Milk-Bar à Alger, bombe qui a fait trois morts et une douzaine de blessés (amputés), dont plusieurs enfants. C’est, là aussi, plus que consternant !

Imaginons, simplement un instant, un film montrant les enlèvements et les massacres des Harkis et des Pieds-noirs, après les accords d’Evian et l’indépendance de l’Algérie. Quel serait l’accueil d’un tel film de la part des autorités algériennes si, d’aventure, ce documentaire montrant les exactions du FLN était programmé dans les salles de cinéma en Algérie ?

Je vous prie d’agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de mes salutations distinguées.

Signé Roger Soncarrieu

Auteur de « Ma vérité sur la guerre d’Algérie » et « Guerre d’Algérie : j’en ai assez » (éditions Dualpha)