sources : site salan.asso.fr, journal du général Katz

KATZ Général

Joseph KATZ naît en janvier 1907 à Paris de parents inconnus

Colonel, il est affecté en 1954 à la Direction des Services Financiers et des Programmes du ministère de la Défense Nationale.

En août 1956, il est nommé à Bou Saada, adjoint au colonel commandant le Commandement Opérationnel du Sud Algérois (COSA) qu’il remplace en octobre 1956.

Au printemps 1957, le COSA est supprimé sur décision du général Salan, commandant en chef en Algérie : Katz prend alors le commandement du secteur autonome de Laghouat-Ghardaïa, entre les zones Est- et Ouest-Sahara. Il y gagne trois citations et la cravate de commandeur de la Légion d’Honneur.

Promu général de brigade en avril 1958, il se rallie en mai 1958 au mouvement d’Alger mais, tout en tenant publiquement des propos très fermes en faveur de l’Algérie Française et du retour au pouvoir du général de Gaulle, interdit à ses officiers d’entrer dans les Comités de Salut Public.

Il est muté en métropole, y suit l’enseignement du Centre des Hautes Etudes Militaires (C.H.E.M.) et prend le commandement de la subdivision de Perpignan à l’automne 1959.

Après le coup d’Alger des généraux d’avril 1961, il condamne publiquement leur action.

Général de division fin 1961.

Le 19 février 1962, appelé par le général Ailleret, commandant supérieur interarmées en Algérie, Katz arrive à Oran pour prendre le commandement du secteur d’Oran au sein du Corps d’Armée d’Oran commandé par le général Cantarel, avec pour mission de mettre au pas la ville quasiment sous contrôle de l’O.A.S. oranaise (dirigée par les généraux Jouhaud et Gardy, le colonel Dufour, le commandant Camelin, le lieutenant de vaisseau Pierre Guillaume, Charles Micheletti  et Tassou Georgopoulos) forte du soutien unanime de la population européenne majoritaire.  Il s’y emploie avec tous les moyens dont il dispose : gendarmerie mobile, C.R.S., aviation et unités régulières de l’Armée de Terre dont de nombreux éléments ne sont pas sûrs car sensibles au combat désespéré de la population oranaise qui veut rester française. A cette fin, il noue également des relations avec les chefs locaux du F.L.N. (il libère Slémani Slimane qui, rapporte-t-il lui-même, « lui rendra de grands services dans les jours les plus agités »), quadrille la ville et tente de s’y imposer en usant des méthodes éprouvées pour  mater les villes résistantes, ce qui lui vaudra d’être considéré par la population comme « le boucher d’Oran ».

Le général Joseph KATZ prend officiellement le commandement du secteur Oran le 28 février 1962 à O heure

 « Le dernier week-end … les Musulmans n’hésitent pas à ouvrir le feu sur nos unités.

… le FLN, lui aussi doit compter avec des éléments incontrôlables.

Les officiers ont, pour la plupart, combattu pendant des années pour que l’Algérie reste française et beaucoup se sont engagés à ne jamais abandonner leurs sous-officiers et hommes de troupes musulmans : tirailleurs, harkis, moghaznis. L’exemple de ce qui s’est passé en Indochine où nos supplétifs ont été trop souvent laissés au Viet-Cong les hante et leur donne mauvaise conscience, d’où un sentiment pénible de renoncement, de trahison.

Je serai le bourreau d’Oran, le « Gauleiter » exécré de la ville.

En mars 1962, à Oran, il dira : « Les Français d’Algérie ne sont plus que les descendants de déportés de droit commun, attachés à leurs privilèges. »

Le 1er mars, à 11h45, à Mers-el-Kébir … une femme française et ses deux enfants sont égorgés par des tueurs du FLN.

Je recevrai le plus possible les officiers supérieurs. Je leur précise qu’ils ont à choisir entre trois solutions : celle de rester à leur poste et de faire leur devoir quoiqu’il puisse arriver ; celle de rentrer en France … celle enfin de rejoindre l’OAS. Entre les trois solutions, je leur précise que je préfère évidemment les voir choisir l’une des deux premières mais les laisse libres de réfléchir et de juger, en conscience, ce qu’ils considèrent être leur devoir.

Pauvres Français d’Algérie … ils voudraient rester dans ce pays, le leur à tant de titres.

Le général Jouhaud … Il avait, lui au moins, l’excuse d’avoir voulu rester solidaire de ses compatriotes désireux de continuer à vivre dans leur pays. Par là même, je trouve qu’il n’aurait jamais dû être condamné à mort par un tribunal.

Le mardi 27 … la violence repart, à laquelle n’est peut-être pas étrangère l’allocution prononcée le 26 au soir par le général de Gaulle incitant le peuple de France à voter « OUI » au référendum sur les accords d’Evian.

L’ingratitude du pouvoir est grande. … les promesses faites rarement tenues.

Le 13 avril, le général Jouhaud est condamné à mort. Enorme faute à mes yeux …

« Le feu sera ouvert sans sommation sur les contrevenants à partir du 23 avril. De même, le feu sera ouvert, par tous les moyens y compris l'aviation, sur les éléments OAS circulant en ville. ».

Le 13 mai … disparition qui nous est signalée en ville d’une trentaine d’Européens.

… misères … qui auraient pu être évitées sans une politique entretenant l’équivoque !

… il y a eu des disparitions, il y en a eu trop, beaucoup trop … »

Le 14 juin, Katz échappe à un attentat qui coûte la vie au général Ginestet, commandant alors le corps d’armée d’Oran, que les auteurs de l’attentat confondirent avec Katz. Dès le lendemain, le « boucher d’Oran » obtiendra ce commandement.

Le 20 juin, note du général Katz : « Elles (les forces françaises) contribueront par leur présence à rétablir et développer la confiance entre les communautés. Elles seront en mesure d’intervenir pour porter secours, en cas d’agressions aux ressortissants se réclamant de l’autorité française. »

Le 5 juillet 1962, à Oran, près de 3000 Européens sont portés disparus …

Le 4 août, il fait l’objet d’une citation à l’ordre de l’Armée portant attribution de la Croix de la Valeur Militaire avec palme pour, entre autres « avoir su rétablir et préserver avec force et dignité l’autorité légale et l’ordre public. », décoration remise par le ministre des Armées Pierre Messmer

Le 13 août 1962, il quitte Oran pour la métropole.

Il est alors nommé adjoint au général Cantarel commandant le 2ème corps d’armée à Coblence, corps d’armée n’ayant pas d’existence en temps de paix.

Une nouvelle étoile vint également rappeler ses « bons et loyaux services ».

A la suite d’un entretien avec le général de Gaulle à la fin de l’année 1962, et grâce à l’appui de Jacques Chaban-Delmas, le général de corps d’armée Katz est nommé fin 1963 à la tête de la 4ème région militaire (Bordeaux).

Il quitte la 4ème R. M. début 1968 pour passer dans la 2ème section avec le grade de général d’armée (5 étoiles) obtenu grâce aux appuis conjugués de Jacques Chaban-Delmas et d’Edmond Michelet.

En 1978, ayant gagné une retraite « bien méritée », il brigue un mandat parlementaire avec l’étiquette du parti gaulliste, l'U.D.R, dans l'Allier où il se présente et subit un cuisant échec : les Pieds Noirs installés dans le Bourbonnais se rappelèrent à son souvenir et eurent la gentillesse de lui offrir, à Gannat, un drapeau tricolore sur lequel était inscrit en lettres de sang : « A KATZ BOURREAU D’ORAN »

Joseph Katz est l’auteur d’un ouvrage consacré à sa période oranaise, « L’honneur d’un général – Oran 1962 » publié en 1993 aux Editions  L’Harmattan et de mémoires intitulées « Une destinée unique - Mémoires 1907-1996 publiées également chez L’Harmattan.

Une plainte pour « complicité de crime contre l’humanité » a été déposée le 16 octobre 1999 entre les mains du doyen des juges au Palais de Justice de Paris au nom de 47 familles des victimes du massacre du 5 juillet à Oran, plainte déclarée recevable mais suivie d’une décision par le juge de non informer.

Un appel de cette décision n’aura pas de suite en raison du décès du général Katz intervenu le mardi 6 mars 2001 à Amélie-les- Bains (66).

Il est inhumé au cimetière de Rosas, en Espagne.