Pour connaître le contexte de la création de ce commando, lire mon article les Barricades (24 au 31 janvier 1960)

http://manifpn2012.canalblog.com/archives/2012/01/24/23327898.html

Le 1er février 1960 …  

Le député sans étiquette d’Alger-Ville Pierre Lagaillarde est arrêté et immédiatement évacué par avion militaire spécial sur la prison de la Santé, à Fresnes.

Lagaillarde

http://manifpn2012.canalblog.com/archives/2014/08/18/30438599.html

Deux autres députés (Mourad Kaouah -Unité de la République- et Jean-Baptiste Biaggi -Union pour la Nouvelle République-) sont arrêtés sans qu'on demande à l'Assemblée la levée de leur immunité parlementaire.

L’article 26 de la Constitution du 4 octobre 1958 et l’ordonnance du 17 novembre 1958 prévoient en effet que « aucun membre du Parlement ne peut faire l’objet, en matière criminelle ou correctionnelle, d’une arrestation ou de toute autre mesure privative ou restrictive de liberté qu’avec l’autorisation du Bureau de l’assemblée dont il fait partie. »

Kaouah

Biaggi

Joseph Ortiz, à qui Biaggi avait dit qu’il serait plus utile clandestin que prisonnier, disparaît dans la nature avec ses amis : ils réapparaîtront à Madrid.

Ortiz

Robert Martel, le chouan de la Mitidja, entre lui aussi dans la clandestinité … pour 3 ans.

Martel

http://manifpn2012.canalblog.com/archives/2011/07/22/21657265.html

Crespin, adjoint de Martel, et le commandant de Galbert se rendent.

Dans la nuit du 2 au 3 février, environ 170 hommes prennent la route avec la 3ème compagnie du 1er REP, commandée par le capitaine Estoupe, pour Chefka, base opérationnelle du 2ème REP, via Teleghma dans le Constantinois où ils resteront 4 jours pour faire un « tri » et renvoyer à Alger ceux qu’on n’a pas le droit d’emmener au combat, notamment compte tenu de leur âge (55 jeunes de moins de 18 ans n’ayant pas encore effectué leur service militaire).

Malgré les promesses faites au colonel Dufour par le pouvoir, 4 hommes sont arrêtés à Chefka :

- le docteur Jean-Claude Perez

- Jean-Jacques Susini

- Jean-Marie Demarquet

- le lieutenant Jean-Marie Sanne

Le 7 février, le commando Alcazar regroupe 116 hommes ayant à sa tête 3 capitaines, 10 lieutenants et 14 sous-officiers :

- le capitaine Marcel Ronda, qui a combattu au sein de la Ière Armée française de 1943 à 1945, capitaine U. T.   http://manifpn2012.canalblog.com/archives/2010/06/17/18325403.html

- le capitaine Serge Jourdes

Dès leur retour à la vie civile, tous deux seront arrêtés

- le capitaine de réserve Guy Forzy, second de Lagaillarde et agent de renseignements du 2ème Bureau

On y trouve aussi :

- Georges Bousquet, journaliste de Rivarol

- Jacques Prévost, ancien sergent para (qui prendra part à l’attentat du Petit-Clamart)

Leur unité sera dissoute 1 mois après

Le nom du commando « Alcazar » a été choisi après sa création. Il s'agit de la reprise du surnom donné deux fois par le délégué général en Algérie, Paul Delouvrier, lors de son discours radiodiffusé du 28 janvier 1960, au réduit des Facultés, durant la semaine des Barricades.

Par son allusion historique au siège de l’Alcazar de Tolède en septembre 1936 durant la guerre d’Espagne, le gaulliste Paul Delouvrier assimile les nationalistes d'Alger à des Franquistes :

« Je m'adresse à vous tout d'abord, Ortiz, Lagaillarde et vous Sapin-Lignières chef des UT. Et tous ceux qui sont enfermés dans la faculté comme l'Alcazar de Tolède, prêts à mourir. Je crie à la métropole que je salue votre courage, enfants de la patrie. [...] Nous visiterons l'Alcazar des facultés, nous serrerons la main à Ortiz, à Lagaillarde et à vous Sapin-Lignières, chef des UT, rien n’est perdu pour un Français quand il rallie sa mère, la France, a dit le général de Gaulle dans son allocution de dimanche. Alors nous irons tous ensemble au Monument aux morts pleurer et prier les morts de dimanche, morts à la fois pour que l’Algérie reste française et pour que l’Algérie obéisse à de Gaulle. »