Un Musulman, employé aux Eaux et Forêts, déclare (après le 1er novembre 1954) : « On nous avait dit qu’il n’y avait plus d’armée française, qu’elle avait été détruite en Indochine … On n’allait tout de même pas manquer cette occasion ! »

Est-on en présence d’une action généralisée, ou bien d’une révolte tribale ? …

Ecoutons l’avis du général Cherrière, commandant en chef : « L’Armée pense être alors placée devant un problème qui lui est connu depuis des lustres en Afrique du Nord : réprimer successivement deux rébellions localisées (Aurès et grande Kabylie) … »

Au Caire, la voie des Arabes, une radio pro FLN, proclame : « L'Algérie est retournée à la lutte pour la liberté de l'Islam. »

La fraction de la population musulmane qui a participé n’excède pas 5% !

Communiqué du Gouvernement Général du 1er novembre 1954 :

« Au cours de la nuit, en différents points du territoire algérien, mais plus particulièrement dans l’est du département de Constantine et dans la région de l’Aurès, une trentaine d’attentats d’inégale gravité ont été commis par de petits groupes de terroristes … Un officier et deux soldats ont été assassinés à Kenchela et à Batna. Deux gardiens de nuit ont été tués en Kabylie. Des coups de feu ont été tirés sur les gendarmeries … »

La décision d'arrêter les responsables (suite aux demandes du préfet Vaujour des 23 et 26 octobre) ne parviendra à Alger que le 2 novembre 1954, le lendemain du début de l'insurrection.

Le 2 novembre 1954, François Mitterrand, ministre de l’Intérieur : « La seule négociation possible, c’est la guerre. L’Algérie c’est la France et la France ne connaîtra pas chez elle d’autre autorité que la sienne. Qui hésiterait à employer tous les moyens pour préserver la France ? »

Le 2 novembre, dans son éditorial, Alger Républicain, le journal du Parti communiste algérien traite les responsables de la «Toussaint tragique» de « provocateurs » de « semeurs de panique » de « poignée d'agitateurs inconscients ou corrompus » et termine en exhortant les autorités à « faire appel aux masses pour anéantir la rébellion, seule façon d'attacher ce  pays à la France »