Jules Romains

Né Louis Henri Jean Farigoule le 26 août 1885 à Saint-Julien-Chapteuil

En 1923 il écrit Knock pour le théâtre (immortalisé par Louis Jouvet)

De 1932 à 1946, il écrit un cycle romanesque de 28 volumes « les hommes de bonne volonté » dont l’action se déroule de 1908 à 1933 

Elu en 1946 à l’Académie Française

Deux articles de Jules Romains, publiés par L’Aurore à un an d’intervalle :

De passage à Saigon à l’automne 1953, l’auteur avoue son bonheur de trouver là une terre française : « Ce morceau de France s’est posé là, a grandi sans rien détruire. » Jules Romains conclut : « On ne se défend pas d’éprouver une certaine satisfaction française ; rien d’un gonflement d’orgueil : mais les gens de chez nous ont tout de même fait ici du bon et brave travail. » [29 octobre 1953]

Un an plus tard, quelques jours après la Toussaint algérienne : « J’aurais aimé qu’il se formât sur les boulevards quelques rassemblements ou cortèges spontanés, acclamant la République une et indivisible des deux côtés de la mer, et encourageant le gouvernement à ne pas faiblir. J’aurais très bien vu aussi un départ de CRS ou de parachutistes entouré de fanfares et d’acclamations. » [11 novembre 1954]

Le 15 janvier 1962, au cours d’une conférence de presse tenue au Palais Bourbon, il annonce la création du Mouvement d’entraide et de solidarité pour les Français d’Outre-mer dont il est le président

                   

jean-BRUN-1960

   

Le 18 juin 1962, il lance son « appel aux hommes de bonne volonté »

 

appel hommes volonté

« Menacés et meurtris, profondément atteints dans leur patriotisme, victimes d’un ostracisme qui les a privés du droit de s’exprimer sur leur propre sort lors du dernier referendum, les Français d’Algérie gagnent la métropole afin d’échapper au massacre.

Pour la plupart, ces réfugiés ont tout abandonné, leurs biens, leur situation, leurs amitiés, leurs morts, tout ce qui donnait un sens à leur existence.

Dans des conditions navrantes d’improvisation, ils viennent en métropole par mer et par air. Les uns ont des parents et des amis. Les autres, et ce sera le plus grand nombre, ne connaissent personne. Ils ont droit en théorie à des prestations. Mais ils ne les reçoivent qu’après plusieurs semaines de démarches déprimantes, alors qu’à leur arrivée sur le sol de France, tout aurait dû être mis en œuvre pour rendre moins cruelle une épreuve qu’il nous appartient de les aider à surmonter le plus rapidement possible.

Ce sont nos frères. Ils ont choisi la Mère-Patrie, Français de souche, Méditerranéens ou Musulmans francisés, ils ont droit à notre sollicitude agissante.

Le Mouvement d’entraide et de solidarité pour les Français d’Outre-Mer créé le 12 janvier 1962, a maintes fois alerté les autorités responsables sur l’ampleur du drame qui se préparait.

Aujourd’hui, une vision d’exode nous obsède.

Pouvons-nous avoir l’esprit en paix quand, sur les rives de la Méditerranée, nos frères se pressent pour échapper à quelque nouveau Dunkerque sur un fond d’Oradour ?

Pouvons-nous rester insensibles à tant de détresses ?

Au monde qui nous observe et pour compenser le silence et l’insensibilité qu’affiche le pouvoir, les Français, tous les Français doivent montrer qu’ils sont hommes de cœur et de parole.

Ils doivent, dans un même élan de générosité, sans délai et avec tous leurs moyens, recevoir, aider et comprendre les Français d’Algérie. 

La France ne serait plus reconnaissable si elle cessait d’être une Patrie accueillante, affectueuse et fraternelle. »

Partisan de l’Algérie française, il mena le cartel des non contre de Gaulle au référendum du 28 octobre 1962.

Décédé le 14 août 1972 à Paris