Sources :

http://www.ordredelaliberation.fr/fr_compagnon/229.html

Leclerc et ses hommes par Pierre Nord 1952

Jean Colonna d'Ornano est né le 5 avril 1895 à Alger

Il fait de brillantes études secondaires au lycée d'Alger

Engagé le 24 septembre 1914 au 1er Spahis à Medeah

Sergent au 6ème bataillon de Tirailleurs Sénégalais à Blidah

2 citations : en octobre 1916 et avril 1917

Sous-lieutenant en mars 1918, il obtient 2 autres citations en juin et octobre de la même année

Syrie, Sénégal, Mauritanie, Sahara, Soudan …

De 1932 à 1936 il est officier des affaires indigènes au Maroc et commandant d'une "harka"

En mars 1938 chef de bataillon il reçoit le commandement du cercle de Borkou-Ennedi-Tibesti

Le 6 mai 1940, avant l'entrée de l'Italie en guerre (le 10 juin), une colonne motorisée italienne pénètre en territoire français …

Dès juin 1940 il adhère à la France libre …

Le commandant Colonna d’Ornano, qui fait figure de héros, même chez ses méharistes du Tchad où cette réputation coûte cher, piaffe d’impatience à la frontière italienne de Lybie.

Il "déserte" le 18 août 1940 pour participer au ralliement du Tchad à la France libre le 26 août 1940

Promu lieutenant-colonel, il devient l'adjoint à Fort-Lamy du colonel Marchand qui commande le Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Tchad

En décembre 1940 il apporte son aide au colonel Leclerc

Le 2 janvier 1941 il donne ses instructions pour l'attaque de Mourzouk et il est le premier à attaquer les Italiens : il meurt au combat le 11 janvier 1941

… la nouvelle consternante de la mort … du lieutenant-colonel d’Ornano, prêté aux Anglais du Long Range Desert Group (L. R. D. G.) pour un raid sur Mourzouk, capitale du Fezzan. Ornano, un géant qui semblait indestructible, le seigneur du désert où il était légendaire chez les Senussis, qu’il eût ralliés, comme il rallia les Méharistes du Tchad, d’un seul regard du seul œil qui lui restât.

… Le capitaine Massu et le lieutenant Eggenspiller, compagnons d’Ornano …

Les Anglais, le 11 janvier, entrent en voiture, comme chez eux, dans la vaste palmeraie entourant Mourzouk, par la route de Sebha, celle du nord. De sorte que les Italiens les prennent, à première vue, pour des amis. Enchantés de la distraction, ils leur font d’aimables saluts fascistes. Mais aux premières balles, ils rentrent dans leur fort et s’y enferment.

C’est un petit Koufra. Un château-fort carré, sur le plus beau piton du coin ; cent mètres de côté ; courant entre quatre massives tours d’angle, un épais rempart crénelé, haut de dix mètres.

Une poignée d’Anglais et de Français, se précipitant sur le terrain d’aviation proche, y détruisent trois avions et le poste radio, et y raflent trente prisonniers. C’est au cours de cette action que d’Ornano se fait couper en deux par une rafale de mitrailleuse. Le reste de la garnison reste terré derrière ses remparts.

C’est en se frottant à eux que Massu est blessé (deux balles dans la jambe). Tout cela est assez glorieux, mais après trois heures de fusillade, il est bien évident qu’il faudrait, soit du canon pour faire brèche dans les murs, -soit le temps et les ravitaillements d’un siège en règle …

Certes, le L. R. D. G. a si bien acquis l’ascendant moral sur l’ennemi, que son chef, le major Clayton, prend tout son temps, avant de se retirer, pour enterrer dignement le colonel d’Ornano dans ce désert qu’il a tant aimé, aux côtés du sergent Hewson, qui est venu de la lointaine Nouvelle-Zélande.

Son corps repose à Mourzouk jusqu'au départ des troupes françaises.

Le 11 janvier 1943 [en pleine campagne contre les Italiens], à Mourzouk, on prend tout de même le temps de faire une solennelle prise d’armes devant sa sépulture. Les Italiens (le geste nous touche) lui ont édifié une tombe décente dans leur cimetière militaire. 

Le 10 octobre 1956 sa dépouille est ramenée à Alger puis de là en Corse où elle arrivait le 20 décembre 1956 à bord de l'escorteur Guichen pour être inhumée à Ajaccio.

Massu raconte :

« Le colonel d’Ornano me prescrit : « Faites comme les Anglais, n’en faites pas plus qu’eux. » ajoutant goguenard en rejoignant sa Ford : « Dans cette armée les chefs s’exposent. » … Massu découvrira son chef ensanglanté sur la Ford dans la position où il a été frappé.»

Colonna 15 f rouge
Colonna 20 f violet
Colonna 15 + 5 bicolore
Colonna enveloppe 1er jour