Dans la revue Junior n°99 de janvier 1952, Jehan Dotreval dédie en fervent hommage sa nouvelle le preux troubadour (expédition du roi Pierre III d’Aragon à Collo en 1282) à plusieurs personnes dont « M. BOULSANE, fils des glorieux guerriers de Collo, Délégué à l’Assemblée algérienne. »

J’ai voulu en savoir plus …

D’après le site de l’assemblée nationale (notices biographiques) complété avec le site vitaminedz.com

Mohamed BOULSANE est né le 1er janvier 1908 à Collo

Il fait des études jusqu’au baccalauréat.

Agriculteur exploitant forestier dans le douar Ouled Djamma, aux alentours de sa ville natale.

Il se marie en 1937 avec Fatma Hadibi, qui lui donnera sept enfants. (On trouve un Hadibi à Collo en 1900)

Il entre en politique après la guerre, d’abord comme délégué à l’Assemblée algérienne en 1949, puis comme conseiller général de Collo en 1955.

Il est également membre du Conseil d’agriculture de Philippeville et de la Commission du Port de Collo.

Il se présente aux élections du 30 novembre 1958 sur une liste d’« Union pour la Paix et le Programme de Constantine » où figurent également Mohamed Bedredine, Léopold Morel et Mohamed Barboucha : cette liste, comme sa dénomination l’indique, entend s’appuyer sur les promesses de modernisation économique et sociale de l’Algérie contenue dans le Plan de Constantine adopté en 1958.

La liste « Union pour la Paix » de Mohamed Boulsane l’emporte, malgré 40% d’abstentions, avec 63 924 voix contre 56 221 à la liste « Algérie française » où figurent Suzanne Roquette, Saïd Barci, Saad Arioua et Ibrahim Temmim.

Proclamé député le 9 décembre 1958, Mohamed Boulsane appartient à la Formation des élus d’Algérie et du Sahara jusqu’en juillet 1959.

Lorsqu’à cette date, celui-ci devient le groupe Unité de la République, Mohamed Boulsane le quitte pour s’apparenter à l’Entente Démocratique le 6 octobre 1959, un groupe d’une trentaine de députés modérés.

Pendant son mandat, Mohamed Boulsane appartient successivement à la Commission des finances, de l’économie générale et du plan de janvier à octobre 1959. Il entre alors à la Commission des affaires étrangères, jusqu’en juillet 1961, puis à la Commission de la défense nationale jusqu’à la fin de son mandat en juillet 1962. Il est par ailleurs membre de la Commission supérieure de classement des recettes buralistes (20 juin 1959) et secrétaire de l’Assemblée nationale du 4 octobre 1960 au 4 juillet 1961.

Il intervient peu à la Chambre : on ne l’entend à vrai dire que le 15 décembre 1959, date à laquelle il dépose un amendement lors de la discussion du projet de loi sur la promotion sociale en Algérie.

Ses votes reflètent une attitude de soutien modéré à la politique gaulliste.

En fait, il soutient la politique du gouvernement en Algérie, mais semble beaucoup plus critique à l’égard de certaines réformes politiques intérieures. Il vote ainsi sans surprise pour la déclaration de politique générale du gouvernement Debré le 16 janvier 1959, mais il s’abstient sur le règlement définitif de l’Assemblée nationale le 3 juin 1959. Il s’abstient à nouveau lors du vote de la loi sur l’enseignement privé le 23 décembre 1959, mais il approuve tous les grandes lois de la législature, en particulier le vote des pleins pouvoirs à Michel Debré le 2 février 1960. En revanche, il ne prend pas part au vote sur la déclaration du gouvernement Pompidou le 27 avril 1962.

A la suite du référendum sur l’indépendance algérienne du 1er juillet 1962, son mandat est interrompu par ordonnance du gouvernement, comme pour tous les autres élus d’Algérie.

Il est chevalier des palmes académiques.

Mohamed Boulsane reste en Algérie. Il meurt à Constantine le 16 mars 1966, à 58 ans.