Pierre DUBITON (1942-2013)

Les DUBITON sont originaires des Landes, de Lourquen, petite commune de moins de 200 habitants, à 22 km de Dax et 27 km d’Orthez.

Ils s’installent en Algérie après la Conquête.

Le 12 décembre 1860, à Alger, naissance de Pierre Lucien (le grand-père)

En 1890, les DUBITON sont à Oran.

Du côté du père de Pierre, on compte 4 frères :

Le premier, «gazé à Verdun», est décédé en 1947.

Le deuxième, Louis Jean René, né le 30 mai 1898 à Oran, brigadier au 9ème Régiment d’Artillerie à Pied, est tué le 5 décembre 1917 au combat de Leimbach (Alsace).

Le troisième, «militant de la France libre», est fusillé en 1942 dans l'Allier.

Le quatrième,  son père, Georges, agent de contrôle sanitaire à la ville d’Oran, est tué le 26 octobre 1956 par un commando de 3 terroristes du FLN en descendant du bus. Il repose au cimetière de Tamashouet.

Pierre naît à Oran le 30 octobre 1942. Le 8 novembre les alliés débarquent en Afrique du Nord.

Elève du lycée Lamoricière.

Comme beaucoup d’Oranais, Pierre joue au football : il est milieu de terrain au Club des Joyeusetés d’Oran, le CDJ (fondé en 1894, section football en 1897, club champion d’Afrique du Nord en 1931).

A 17 ans, il s’engage au 1er Régiment Etranger de Parachutistes, où il reste 20 mois. Il sera blessé 3 fois.

Un jour, il est appelé après le massacre d'une famille. C'était celle de sa demi-sœur. Les quatre têtes étaient posées dehors. Sa sœur avait 11 ans. Les fellaghas l'avaient violée, éventrée, mutilée.

En mai 1961, il passe à l’OAS, dans le commando Franck (du nom de son chef Franck Perrier), un des commandos de la Colline 3 parfois nommée « Bayard » (dont le chef est Jean Bart), elle-même une des 10 zones de l’OAS Oran (dirigée par les Micheletti père et fils, Charles et Claude, sous les ordres du général Jouhaud, secondé par le commandant Camelin et le lieutenant de vaisseau Guillaume, le « crabe-tambour »).

(Le 9 novembre 1977, le crabe-tambour film français de Pierre Schoendorffer avec Jean Rochefort, Jacques Perrin, Claude Rich)

Le 25 mars 1962, à Oran, les forces de l'ordre, renseignées par un sympathisant OAS «interrogé» à Paris, encerclent l'immeuble du Panoramic boulevard du Front-de-Mer : au 14ème étage, après une courte bataille, Jouhaud et ses 2 adjoints, Camelin et Guillaume sont arrêtés.

Cette Colline 3 englobe le centre-ville, le quartier israélite du Mellah et la Médina, ce bloc arabe appelé « le Village nègre » par les Européens.

Le 21 mars 1962, des bombardiers légers B26 de la Sénia mitraillent les immeubles 1 : les balles de mitrailleuses traversent la fenêtre et arrachent le bras de sa sœur aînée, Andrée, éclatent la cuisse de son autre sœur Frédérique, 13 ans, qui sera amputée de la jambe, et fracassent le tibia et la rotule de sa petite nièce, Sophie, 3 ans.

1 http://manifpn2012.canalblog.com/archives/2011/08/24/21858720.html

Les journalistes en ont-ils parlé, comme ils l’ont fait de la petite Delphine Renard, rendue aveugle après un attentat (manqué) de l’OAS contre Jean-Paul Sartre ?

En mai 1962, Frédérique sera portée à bras pour faire sa communion, sous les mitraillettes des CRS !

Au printemps 1962, Pierre est à son tour blessé au bras droit par une balle explosive tirée par un tireur d’élite de la gendarmerie.

En 1963, on le retrouve mercenaire au Katanga.

(En 1977, le film « les oies sauvages » d’Andrew Victor Mc Laglen, avec Richard Burton, Roger Moore, Richard Harris … retrace une mission de mercenaires au Katanga.)

En 1967, on le retrouve en Israël où il remplace des soldats dans les kibboutz pendant la guerre des 6 jours.

En 1970, il s’installe à Marseille où il est d’abord expert-comptable (Société d’Expertise Comptable Méridionale) puis directeur financier et vice-président de l’OM.

Il décède le dimanche 10 mars 2013, des suites d’une « longue maladie ».