Roger Hercule Gustave Degueldre naît le 19 mai 1925 à Louvroil (Nord) d’un père cheminot et d’une mère au foyer.

En 1942, il s’engage dans le maquis, auprès des partisans communistes, dans les Francs-Tireurs et Partisans (FTP).

En Indochine, il est décoré de la Médaille militaire pour acte de courage pour avoir porté secours au capitaine de Blignières et au sous-lieutenant Boutot sous le feu de l’ennemi.

Le 11 décembre 1960, lieutenant au 1er Régiment Etranger de Parachutistes en Algérie, il passe dans la clandestinité.

Fin avril 1961, il crée et dirige les commandos Deltas de l’OAS : son second est le sergent (1er REP) Albert (dit « Bobby ») Dovecar (né en 1937 en Croatie).

Au début du mois de mai 1961, il réussit à reprendre contact avec les principaux conjurés militaires dispersés dans Alger : Gardes, Godard, Sergent, Godot …

Le 12 octobre 1961, il manque de se faire arrêter quand la police, renseignée par un de ses collaborateurs, encercle son PC du boulevard Marcel Duclos, mais son second Bobby Dovecar et 5 membres des commandos Delta sont pris et de nombreux documents saisis.

Le 21 mars 1962, il refuse de participer à l’attaque de gendarmes mobiles français.

Le 7 avril 1962, exploitant des renseignements fournis par les prisonniers de l’Ouarsenis (fin mars), les forces de police encerclent l’immeuble 91 boulevard de Télemly, à la Robertsau : dans un des appartements sont réunis Pérez, Degueldre, Achard et le capitaine Murat. Ils sont arrêtés et Degueldre est transféré en métropole.

En juin 1962, une équipe de l'OAS, venue spécialement d'Algérie, débarque en métropole dans un double but : faire évader Degueldre et fomenter un attentat contre le général de Gaulle.

Le 28 juin 1962, Degueldre est condamné à mort par la Cour de Sûreté de l’Etat, juridiction d’exception (aucun recours).

Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1962, le général de Larminat met fin à ses jours alors qu’il avait été désigné pour présider à l’exécution de Degueldre.

Le 6 juillet 1962, au fort d’Ivry, exécution (on peut parler d’assassinat) du lieutenant Degueldre :

Une balle seulement sur les 12 du peloton d’exécution l’atteint (au ventre ou au bras les témoignages divergent) et l’officier chargé de lui donner le coup de grâce s'y reprendra à 6 fois avant que Degueldre ne meure (il tire d’abord dans l’omoplate au lieu de la tête comme le stipule le règlement) !

Entre l’ordre du feu, les coups de grâce et la mort s’écoulèrent pour l’officier plus de 10 minutes de tortures !

«  je sais que le peuple aime à se souvenir de ceux-là seuls qui sont grands : ce sont ceux qui savent mourir, même quand on ne sait pas les tuer ou les achever  » capitaine Estoupe (3ème Cie 1er REP)

Dans les Lettres de prison du général Raoul Salan, on peut lire :

A André Figueras 20 août 1964

« J’ai bien reçu votre livre (Charles le Dérisoire) … Le passage sur « Couture » (Degueldre) m’a beaucoup ému, je le connaissais bien, c’était un être admirable et extraordinaire, il m’a manqué énormément. Sa fin devrait exalter les jeunes, sinon leur donner à réfléchir. »

A André Figueras 18 mai 1967

« … le livre Corrida de Lieutenant, très mérité chant de gloire à l’égard de celui (Degueldre) qui, avec Philippe (Le Pivain), furent les meilleurs. Tous deux eurent un destin tragique. »