L’OAS compte près d'un millier de « permanents » déserteurs ou civils ayant quitté leur profession et avec charge de famille. Les fonds de l'Organisation leur sont donc avant tout réservés. Et l'argent fait défaut à la poursuite du combat. L'intensification des collectes est alors décidée. Des carnets à souches de couleur rose sont imprimés aux initiales de l'O.A.S. qui, en cette circonstance, vont signifier Office d'Action Sociale. La population participe pleinement à cet impôt solidarité auquel viendra s'ajouter plus tard le produit des hold-up commis un peu partout dans les villes d'Algérie :  

Le 31 janvier 1962, 6 hold-up rapportent 615 000 Nouveaux Francs

Le 7 février 1962, hold-up pour 783 000 NF

Le 15 février 1962, hold-up à Oran

Le 23 février 1962, instruction de Salan à l’intention des Européens d’Algérie :

« L’irréversible est sur le point d’être commis …

Dans la forme de guerre que nous menons tout est bon pour démoraliser et neutraliser l’adversaire, consolider nos positions et améliorer nos moyens. Encore une fois, il faut prendre l’armement dans les dépôts de l’adversaire. Il faut prendre l’argent dans ses banques. »

Le 28 février 1962, 5 hold-up pour 652 000 NF

Le 2 mars 1962, hold-up au centre de tri : 1 million 500 000 NF

Le 22 mars 1962, à Oran, un commando OAS (Alger et non Oran) attaque la Banque d’Algérie et rafle 2 milliards 200 millions de centimes, en or et en liquide.

Mais pour le FLN (et ses précurseurs) c’est normal 

Le 4 avril 1949, un commando du CRUA dirigé par Ben Bella et Aït Ahmed attaque la poste d'Oran, de nuit, tue le gardien et s'empare de plus de 3 millions de francs. L'opération a été montée par Mohamed Khider, pour financer l’OS (Organisation Spéciale), branche armée du MTLD.

En 1950, Ben Bella est arrêté et condamné à 8 ans de réclusion.

Comme est normal l’« impôt » sur les ouvriers algériens à Paris ou « Les habitants des mechtas qui ne peuvent rendre de services (guet ) [qui] sont taxés en produits alimentaires ou en sommes d’argent, souvent importantes. » et qui se retrouvent tabassés, mutilés, voire assassinés lorsqu’ils n’obtempèrent pas !