A la recherche de la sépulture de mon arrière-grand-mère Catherine GONZALES dans le cimetière de Mostaganem, un ami algérien a pris en photo un monument aux "officiers du 2ème Tirailleurs tués dans la catastrophe (ferroviaire) d'Adelia (Hamma Plaisance) le 10 mai 1896"

Adelia bis 

Le 10 mai 1896, un train militaire transportant de Blidah à Madagascar 2 compagnies de Tirailleurs Algériens (2ème et ?) et comprenant 14 wagons rencontre près de la gare d'Adelia (Hamma Plaisance) un train venant d'Alger …


commandant LAGARDE
capitaine DELEDECO ...
capitaine LAMAIG ...
lieutenant GODA...
lieutenant PIETRI ...
lieutenant LAURE ...
sous-lieutenant COUTA ...

ce monument est dû à l'initiative de Mr COUSERANT de Mostaganem"

J'ai fait quelques recherches sur IREL (CAOM) : tous déclarés décédés à Changarnier en 1896, il s'agit de :

+ commandant LAGARDE Gérard Henry
+ capitaine DELEBECQUE Victor Désiré
Non trouvé : capitaine LAMAIGNERE ?
+ lieutenant GODART Joseph
+ lieutenant PIETRI Pierre Félix
+ lieutenant LAURENT Adolphe Charles
+ sous-lieutenant COUTANT Antonin Ernest

le bienfaiteur est en fait Mr COURSEREND

Sur la base Lenore (Légion d'Honneur), on trouve :

LAGARDE Gérard Henry né le 12/09/1849 à Angoulême (Charente) 47 ans le jour de l'accident

Au 139ème de ligne de 1876 à 1884

DELEBECQUE Victor Désiré né le 20/05/1851 à Carvin (Pas de Calais) 45 ans le jour de l'accident

Au 51ème de ligne de 1876 à 1878, au 2ème Zouaves en 1884

LAMAIGNERE Jean Ernest né le 27/07/1856 à Pau (Pyrénées Atlantiques) 40 ans le jour de l'accident décédé le 13 mai 1896

On y trouve aussi :

GODART Joseph né le 21/01/1855 à Paris 41 ans le jour de l'accident

PIETRI Paul Pierre Félix né le 03/12/1848 à Mostaganem (Algérie) 48 ans le jour de l'accident

LAURENT Charles né le 06/05/1838 à Nancy 58 ans le jour de l'accident

Qui sont peut-être les autres victimes

On peut lire dans le journal Le Confédéré organe des Libéraux Valésans (Suisse) du mercredi 20 mai 1896 :

 « Un train spécial transportant deux compagnies de troupes françaises qui allaient s'embarquer à Alger, à destination de Madagascar, a été tamponné dimanche soir entre Adelia et Vesoul-Benian. Sept officiers ont été tués ; une trentaine de soldats et tous les employés du train ont été blessés. Le wagon dans lequel se trouvaient les officiers était en tête du train ; seul il a été broyé ; les autres wagons ont à peine été endommagés.

Les deux trains qui marchaient l'un vers l'autre, avaient été engagés par erreur sur la même voie ; la pluie et le brouillard ont empêché les mécaniciens de s'en apercevoir à temps.

Les dépêches donnent des détails atroces sur la mort des officiers dans la catastrophe :

Le commandant Lagarde, qui avait la tête à la portière au moment du choc, a eu la tête écrasée et la cervelle projetée au loin. Le sous-lieutenant Laurent a été complètement aplati. Un capitaine a eu la jambe broyée ; il a succombé peu après. Les autres officiers ont été pris par le milieu du corps, plusieurs sous-officiers ont été blessés.

Le chef de gare d'Adélia, nommé Devaux, à qui l'accident doit être imputé, a été arrêté. Il a reconnu sa faute.

D'après le récit des employés et des hommes d’équipe de la gare, le chef de gare somnolait dans un bureau lorsqu’arriva le train militaire venant de … Ce train devait attendre le … dans la gare d'Adélia.

Le chef de gare fut réveillé brutalement par l’arrivée du train militaire … à l'heure sur le quai, et … de sommeil, il crut voir les deux trains sur des voies parallèles.

Croyant alors les deux trains en gare, il donna le signale du départ

Lorsque le train fut parti, le chef de gare s'aperçut de son erreur. Il courut sur la voie et siffla, mais inutilement. Il rentra alors dans la gare et chercha son revolver ; mais les employés l'empêchèrent de se suicider, lui donnant le faible espoir que les mécaniciens s'apercevraient de l'erreur et qu'ils pourraient arrêter leurs trains. On sait qu'ils ne purent empêcher le tamponnement.

Voilà ce qu'a coûté un moment de négligence ou plutôt d'insouciance.

Quelle terrible leçon pour les confrères de tous pays ! Puissent-ils en profiter. »