Ecrit à partir de « Le destin tragique de l’Algérie française » présenté par Bernard Michal (4 vol. 1971) complété grâce au site www.armeetpassion.com

Et comme quelqu’un parle d’armes, ou plutôt du manque d’armes, Didouche se lève et s’écrie :

« Si tu as deux cartouches dans ton fusil, c’est suffisant ; c’est à toi de prendre l’arme de ton ennemi  » 

… dans une ferme de Crescia, à une vingtaine de kilomètres d’Alger … on apprend à démonter et à remonter de vieux fusils Stati italiens (1), vestiges de la guerre.

800 hommes … la moitié seulement disposent d’armes individuelles. Il faudra se procurer des fusils et des mitraillettes et, pour cela, attaquer des postes militaires à l’arme blanche.

En Kabylie et dans les Aurès, il existe des maquis relativement bien entraînés et disposant d’un embryon d’armement (fusils Stati, Mauser allemands (2), mitraillettes Sten (3) ou Thompson (4) …)

Le 6 novembre 1954, premiers bilans des forces de sécurité … 490 engins explosifs ou incendiaires, 1112 détonateurs saisis, 417 armes à feu, 9514 cartouches …

… souvent armés de fusil de chasse à percussion centrale ou à broche, armes redoutables dans les combats rapprochés en montagne ou en forêt.

Le 22 décembre … Le trafic d’armes se poursuit. … Contrairement à ce qu’on a voulu laisser croire, ils disposent d’un armement moderne : fusils américains Garand (5), fusils allemands Mauser, mitraillettes Thompson. Tout ce matériel est neuf et arrivé directement de Libye.

Le 16 octobre 1956, le navire Athos est arraisonné : 60 tonnes d’armes

Mais aussi « des mitraillettes tchécoslovaques de calibre 8 millimètres qui marchaient encore très bien » (licence de Kalashnikov AK47 ?), des fusils Enfield (6) avec baïonnettes, mitraillettes Beretta (7), FM Bren (8), fusils Hown (?) 2 et 3

(1) en fait il s’agit du mousqueton de cavalerie Carcano Mle 1891 (avec baïonnette qui se replie sous le canon) cal. 6.5 mm chargeur 6 cartouches 2.95 kg vide

(2) le K98 cal. 7.92 mm 5 cartouches 3.8 kg vide

(3) cal. 9 mm parabellum 32 cartouches 3.7 kg avec chargeur garni

(4) la submachine gun cal. 11.43 20 cartouches (ou 30 avec le chargeur « camembert ») 4.75 kg

(5) M1 cal. 7.62 mm 8 cartouches 4.3 kg vide

(6) cal. 0.303 chargeur 10 cartouches 4.3 kg vide

(7) cal. 9 mm chargeur 25 cartouches 4 kg

(8) Mk 1 cal. 0.303 30 cartouches 11.1 kg chargé

Voici un aperçu de ce que l'armée française pouvait aligner en Algérie (en dehors des armes américaines et allemandes comme les PA Colt, Walther P38 … ) :

- Pistolet Automatique (PA) MAB D cal. 7.65 mm, MAC 50 cal. 9 mm tous deux chargeur 9 cartouches

- Fusils MAS 36 et MAS 36/51 cal. 7.5 mm chargeur 5 cartouches 4.2 kg vide

- Fusils Semi-Automatiques (FSA) MAS1949/56 cal. 7.5 mm chargeur 10 cartouches 3.9 kg vide

- Pistolets-Mitrailleurs (PM aussi appelé mitraillette) MAS 38 cal. 7.65 mm  long chargeur 32 cartouches 3.45 kg avec chargeur, puis MAT49 cal. 9 mm  Parabellum chargeur 32 cartouches 4.175 kg avec chargeur garni

- Fusils Mitrailleurs (FM) FM BAR 1918 30.06 chargeur de 20 cartouches 10.15 kg chargée, FM 24/29 7.5 mm chargeur de 25 cartouches 9.8 kg chargée  

- Mitrailleuses AA52 7.5 mm bandes de 50 cartouches 10.5 kg, CAL 30 1919, CAL 50 M2 HB

Par décret du 21 octobre 1961, les CRS sont autorisées à détenir (et donc à faire usage contre des civils français) des fusils-mitrailleurs et des lance-grenades à fusil.

Après le 19 mars 1962, les troupes françaises ses déplacent avec leurs armes « sans munitions, conformément aux accords d’Evian » (seul le chef de groupe a un chargeur pour son PA)

« … dans le cas d’une perte ou d’une saisie frauduleuse de son arme de service, le soldat français était non seulement submergé de paperasses, mais aussi suspecté d’appartenir à l’OAS »