Robert Martel est né en 1921 à Alger

 

Il exploite 300 hectares de vignes et vergers dans la plaine de la Mitidja, à Chebli. Il possède également des terres à défricher. Son exploitation est très mécanisée mais il emploie quand même plusieurs ouvriers agricoles arabes et il a un gérant “européen” capable de tenir toute l’exploitation en son absence.

Pendant la guerre, Martel sera absent des mois voire des années de sa propriété.

On peut donc le qualifier de propriétaire non exploitant.

La fortune de son père est telle qu’elle lui permet de financer en grande partie ses campagnes politiques …

 

Martel est un royaliste qui pense que Dieu enverra le successeur de Louis XVII sur le trône de France : son “emblème” est le cœur planté d’une croix, le symbole des Chouans et de la contre-révolution

Martel se dit « plus Français qu’Algérien. Notre combat est un tout, on ne sauvera pas l’Algérie si (…) on ne renverse (pas) la République, car c’est votre République qui nous a mis dans l’état où nous sommes. Cet état d’esprit existe ici depuis 1830. N’oubliez pas que Charles X a été renversé à cause de cela, parce qu’il voulait christianiser l’Algérie. (…). Le Père de Foucauld lui-même l’a écrit :

“Si nous ne faisons pas des indigènes de ce pays des chrétiens, la France en sera chassée avant 40 ans” »  

 

En novembre 1953, Martel est de retour de l’Armée pour son domaine de la Mitidja.

 

En juin 1954, Martel assiste à une réunion à la coopérative de Boufarik : sa « vocation » naît ce jour-là.  

 

Le 21 juin 1955, dans son hebdomadaire L’Africain n°1081, le général Aumeran publie une lettre de Martel demandant l’union : « Que la France nous dise une fois pour toutes si elle veut définitivement liquider l’Afrique du Nord, que nous sachions si nous devons nous laisser dominer par l’Amérique ou la Russie, et si elle ne veut pas nous le dire, qu’elle nous vende ; au moins pourrait-elle ainsi récupérer l’énergie dépensée ici depuis 120 ans Il faut que vous nous unissiez, général Aumeran, et si vous devez tomber dans cette œuvre, d’autres tels que moi sauront tomber à vos côtés ; il vaut mieux mourir que de vivre au milieu d’une telle lâcheté. »

 

Le 20 août 1955, à midi précises, la wilaya 2 (Nord-Constantinois) déclenche une attaque sur une centaine de centres ou de villes importantes situées dans le quadrilatère délimité par Collo, Philippeville, Guelma et Constantine : 26 militaires français et 92 civils dont 71 Européens sont tués

Aux mines d‘El Halia, 123 personnes, dont 71 Européens, femmes, enfants, vieillards sont massacrés.

 

Le 25 août 1955, Martel crée l’UFNA (Union Française Nord-Africaine), qu’il veut contre-révolutionnaire : il recrute ses nombreux adhérents parmi « les petits et moyens colons, les employés de tramway et de chemins de fer, les employés d’usines ».

Début octobre 1955, le chiffre de 1000 adhérents est atteint.

Le Rassemblement des Français d’Algérie, quoiqu’autonome, s’intègre à l’UFNA.

La carte de l’UFNA portait en effigie un coq tenant une charrue dans ses griffes.

Le drapeau de l’UFNA, drapeau tricolore sur lequel était brodé « Honneur, Volonté, Patrie » mais pas de Sacré-Cœur …

 

 

 

Le 6 février 1956, à Alger, le journaliste belge Pierre Joly, ancien Cagoulard, mais aussi ancien président des Jeunesses Communistes Belges (!) (qui écrit un livre bien dénommé, Contre-Révolution, où il explique que pour éviter la Révolution, il faut prendre les devants) rencontre Martel, à qui il présente l’organisation Grand O (résurgence de la Cagoule).

Le sous-préfet Achiary présente le docteur Kovac, responsable de commandos armés, à Martel.

Quant à Crespin, adjoint de Martel, il crée le CRF (Comité de la Résistance -ou Renaissance- Française).

 

En mai 1956, Joly présente Grand V, alias Dr Martin, à Martel. Et c’est ainsi que Martin transmettra à Martel toutes les informations du réseau clandestin.

Boyer-Banse est expulsé vers la métropole : Martel devient président de l’UFNA, qui compte 17 000 adhérents.

 

En octobre 1956, Watin organise une rencontre entre Martel et Kovac. Joly organise une rencontre entre Martel et le colonel Thomazo, chef de cabinet du général Salan.

 

Début février 1957, Martel, Crespin, et bon nombre de membres dirigeants de l’UFNA, sont arrêtés.

 

Le 7 mai 1957, Martel et Crespin sont libérés, après 3 mois au Centre Pénitencier d’Alger.

 

Le 12 mai 1957, obsèques de M. Gabet, maire de Koléa (ex UFNA).

 

A la fin de l’année 1957, trois courants se dessinent : l’USRAF de Soustelle, politique, et son aile clandestine l’ORAF, celui de Watin, celui de Martel qu’on commence à traiter de « fou, illuminé, mystique ».

 

Le 2 janvier 1958, venant de Belgique et se rendant en Allemagne dans la zone des troupes françaises, le lieutenant de réserve Pierre-Jean B. (Lyonnais) est arrêté, porteur d’une centaine de manuels de la contre-révolution (brochure ornée de la croix et du cœur -chers à Martel- éditée à Liège par Pierre Joly) et d’une liste d’officiers.

 

Le 26 avril 1958, M. Delbecque, chef de cabinet du ministre de la défense nationale M. Chaban-Delmas, et membre de l’USRAF, organise à Alger une manifestation, encadrée par des hommes du DPU. Martel (UFNA) rassemble 50 000 personnes, Lagaillarde 2 000 étudiants.

 

Entre le 26 avril et le 13 mai 1958, se réunissent presque tous les soirs : pour les militaires, le colonel Thomazo ; pour les UFF (Poujadistes) le Dr Lefebvre, Goutailler, Ortiz ; pour la contre-révolution Martel et Crespin …

Le comité des « Sept » précède les CSP : Lagaillarde, Martel, Dr Lefebvre, Goutailler, Crespin, Maître Baille.

 

Le record des communications téléphoniques et télégraphiques Paris-Alger Alger-Paris est établi entre le 10 et le 13 mai 1958 : Cherrière correspond avec Martin, Martin avec Martel, la Cagoule avec tout le monde, Gignac avec les anciens d’Indo …

 

Le 12 mai 1958, à 21 heures, une réunion se tient chez le Dr Lefèvre à Hydra : Martel, Crespin, Me Baille, Goutailler, Ortiz, Kerdavid, Lagaillarde

 

Le 13 mai 1958, la contre-révolution s’empare, notamment grâce à Martel et Lagaillarde, du Gouvernement Général d’Alger.

 

En septembre 1958, le général Chassin, président du MP13, demande à Martel d’être son représentant en Algérie.

Le bureau du MP13 Algérie-Sahara (résurgence de l’UFNA dissoute en juillet 1956) : Martel président, Schambill, Moreau et Parrachini vice-présidents pour les régions d’Alger, Oran, Constantine, Crespin secrétaire général, Ressort secrétaire à la propagande et Orfila trésorier.

 

En octobre 1958, le général Chassin démissionne de la présidence du MP13 : Martel le remplace.

 

Un soir de début novembre 1958, réunion provoquée par Ortiz, qui veut monter un mouvement : Martel, Crespin, le général Faure, le capitaine Philippi (adjoint de Massu) … Martel demande à Ortiz de rejoindre le MP13 mais Ortiz refuse …

 

En 1959, Martel dénonce la politique algérienne de De Gaulle et déclare : « Si nous devons attendre un miracle, c’est de Dieu seul qu’il peut venir, et c’est sous le signe de la foi, que moi, Martel, chef d’une nouvelle croisade, je me place. »

 

En janvier 1959, lors de sa 2ème tournée en métropole, Martel rencontre le général Weygand.

 

Après le discours de de Gaulle du 16 septembre 1959, l’ACUF et l’ensemble des mouvements et associations décident d’affirmer leur volonté de garder l’Algérie française et d’empêcher la forfaiture de de Gaulle : CANAC, MP13 (Martel, Crespin), FNF (Ortiz), FNE (Ronda, Perez, Susini), MPIOC (Lefebvre), Mouvement Universitaire Pour le Maintien de la Souveraineté Française en Algérie …

 

Le 13 novembre 1959, Ortiz veut reproduire à Alger ce qu’il a « inspiré » à Oran : il lui faudra 1 mois pour réunir dans un comité d’entente « son » FNF, le MP13, le MPIOC, Démocratie Chrétienne (Lopinto et Lagaillarde), le RAF (Babeau, Fourrier, Me Baille), l’AGE (Susini et Maréchal) …

 

Mi décembre 1959, Martel voit pour la dernière fois le journaliste Joly et le Dr Martin.

 

Début 1960, Martel rencontre le général Salan à Paris. Gignac assiste à l’entrevue.

Le lendemain, il rencontre le général Zeller, qui vient d’avoir un entretien avec le général Gouraud.

 

Le 16 janvier 1960, Martel participe à une réunion clandestine chez le capitaine Roy.

 

Le 21 janvier 1960, réunion du Comité d’Entente des Mouvements Nationaux : la manifestation est prévue pour le dimanche 24 et des tracts appellent la population à y participer.

 

Le  22 janvier 1960, nouvelle réunion clandestine chez le capitaine Roy : Martel, Gardes, Ortiz, Filippi

 

Le 24 janvier 1960, un millier d’hommes du MP13 (à leur tête Martel, Crespin, Paul Chevallet, le commandant De Galbert, le Dr Imbert, le bijoutier Denis -lieutenant UT-) fait jonction avec les UT en armes de Sapin-Lignières (Kerdavid, Ronda) au pied de la statue de Jeanne d’Arc.

Sur le balcon de l’immeuble de la Banque de l’Algérie : Ortiz, le Dr Lefèvre, le capitaine Filippi, le colonel Gardes, Schambill, Moreau, Parrachini (3 ex MP13), Arnould, Seguin (journaliste de la Dépêche Quotidienne d’Algérie), Méningaud, Martin (AC), le professeur Michaux, Me Laquière …

Vers 11 heures, 10 000 personnes sont rassemblées … Vers 13 heures, il n’en reste plus que 3 000.

Un second PC s’est installé au-dessous du boulevard Laferrière : les députés « Algérie française », Biaggi, de Sérigny (directeur de l’Echo d’Alger).

Vers 15 heures, à nouveau 10 000 personnes.

Vers 16 heures, des groupes de manifestants vont rejoindre Lagaillarde aux Facultés.

 

Du 24 janvier 1960 au 30 août 1961, Albert Garcin est l’agent de liaison et le pourvoyeur de caches de Martel et ensuite des généraux.

 

Le 1er février 1960, Lagaillarde, Crespin, de Galbert se rendent. Martel entre dans la clandestinité pour 3 ans.

De mai-juin 1960 jusqu’en avril 1961, Martel sort une feuille ronéotypée « la Voix du Maquis » : de quelques centaines d’exemplaires au début, à 10 000 (5000 postés et 5000 diffusés à la main).

 

Le 3 novembre 1960 s’ouvre le procès des Barricades : Ortiz est condamné à mort par contumace, Lagaillarde est condamnée à 10 ans, Martel à 5 ans, Ronda à 3 ans, Susuni à 2 ans avec sursis, le Dr Lefèvre et Laquière sont acquittés.

Lagaillarde, Ronda et Susini, à qui le tribunal accorde la liberté provisoire, en profitent pour gagner eux aussi l’Espagne.

 

Le 19 avril 1961, proclamation de Martel dans son bulletin « La Voix du maquis » Il se place aux ordres du général Salan et invite ses fidèles à rejoindre l’OAS et, en métropole, « France-Résurrection » et « Ici la France ».

 

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1961, les généraux Salan et Jouhaud quittent Zéralda et le 1er REP pour trouver refuge chez un colon proche de Martel : ce dernier cachera (certains diront séquestrer) Salan.

 

Le 28 avril 1961, premier appel du général Salan :

« D’un coin très cher de cette terre française d’Algérie où je me trouve par la grâce de Dieu après les péripéties douloureuses des journées d’avril,

Sollicité par l’ensemble des Mouvements nationaux d’Algérie qui se refusent à admettre la politique insensée d’abandon gaulliste qui rempt l’Unité de la Patrie et dépèce le territoire.

Sollicité par l’ensemble de la population algérienne à laquelle je suis et resterai lié par le Serment solennel du 13 mai 1958,

Moi, Général d’Armée Raoul Salan, ancien commandant civil et militaire de l’Algérie, je prends la tête du combat pour le grand mouvement de Rénovation national. La dernière heure de la France en Algérie est la dernière heure de la France dans le monde, la dernière heure de l’Occident. Aujourd’hui, tout est près d’être perdu ou sauvé : tout dépend de nos volontés.

L’union sacrée de tous les Algériens …

J’ordonne à tous les groupes d’action de se mettre aux ordres des chefs que je désigne et qui sont responsables de l’exécution de mes ordres. »

 

Le 21 juin 1961, Salan écrit à Martel : « L’OAS actuelle n’est plus l’OAS telle qu’elle avait été définie à Madrid. »

 

Le 30 août 1961, Albert Garcin (adjoint de Martel) est arrêté par le colonel Debrosse.