Voici une nouvelle version de mon article du 17/07/2010

Le 3 avril 1946, le général Salan et Vô Nguyên Giap, le ministre vietnamien de la Défense du gouvernement établi à Hanoï, signent une convention militaire qui prévoit une aide française en matière militaire et l’installation, pour cinq ans, de bases communes le long de la frontière chinoise.

Le 31 mai 1946, Hô Chi Minh, leader incontesté du mouvement Viêt-Minh, s’envole à destination de Paris escorté par le général Salan, pour ouvrir une négociation sur l’avenir du Tonkin, du Vietnam et, par contrecoup, sur celui de l’ensemble indochinois.

Le 19 décembre 1946, début de la guerre en Indochine …

Le corps expéditionnaire (français en Indochine) comprend 48 000 hommes. Parmi les chefs militaires, des noms que nous retrouverons le 13 mai 1958 en Algérie : le général Salan, l’amiral Auboyneau, Massu, Bigeard, rejoints plus tard par le général Chassin, commandant de l’Air et tant d’autres.

Certes, Algériens ou Marocains, depuis 1870 ou depuis 1940, ont participé à des combats dont nos armes sont sorties défaites. Mais à Cao-Bang, les bataillons africains constatent, pour la première fois, que le "Jaune", le colonisé, est capable de battre à plate couture l’Européen.

Dans les camps viets, les prisonniers arabes ou kabyles sont souvent séparés des Européens. Un endoctrinement spécial leur est consacré. Avec patience, les Viets sèment. La récolte aura lieu, plus tard, beaucoup plus tard s’il le faut, en Afrique.

Des hauts-parleurs clament en arabe « Soldats, allez-vous mourir pour les colonialistes ? »

En 1952, lettre d’Indochine du maréchal De Lattre de Tassigny au général Salan : « Si nous perdons ici, tout s’écroulera  C’est une guerre qu’il ne faut pas perdre, sinon le jeu maudit continuera en Tunisie, en Algérie, dans toute l’Afrique et peut-être même un jour en France. »

Le 7 mai 1954, c’est la chute de Diên Biên Phû ; le 8 de Gaulle déclare à Terrenoire : « Je reviendrai au pouvoir, je le veux Je vais voir ce qui se passera demain, mais je crois qu’il y aura beaucoup de monde. Dans quelques jours, je ferai une déclaration à propos de Diên Biên Phû ; puis, s’il y a une crise ministérielle qui se prolonge, j’interviendrai  » ; Le 9, à l’arc de triomphe, il n’y a guère plus de 10 000 personnes mais 4 ans plus tard …

Le 11 mai 1954, M. Christian Fouchet, député RPF de la Seine, déclare à l’Assemblée nationale : « Savez-vous que dans les boîtes aux lettres de Casablanca, certains Français trouvent de petites cartes postales sur lesquelles il est écrit : « Casablanca sera le Dien-Bien-Phu des Français ? » 

Un Musulman, employé aux Eaux et Forêts, déclare (après le 1er novembre 1954) : « On nous avait dit qu’il n’y avait plus d’armée française, qu’elle avait été détruite en Indochine On n’allait tout de même pas manquer cette occasion