De même que pour l’expédition d’Egypte, un groupe d’interprètes suivaient l’armée commandée par Bourmont. Au cours des opérations militaires qui aboutirent à la prise d’Alger, certains d’entre eux rendirent des services signalés :

Georges Garoué, d’origine syrienne, parlait couramment l’arabe ; au mépris du danger, il obtint de quitter le camp de Sidi-Ferruch pour se mêler aux indigènes et les amener à des négociations ; il leur aurait distribué des exemplaires d’une proclamation du général de Bourmont traduite en arabe ; appréhendé et conduit à Alger, il démontra au dey la puissance de l’armée française et l’exhorta à capituler ; le dey, hors de lui, le fit mettre à mort.

Léon Ayas (de Marseille) parvint, après le combat de Staouéli, à entamer des pourparlers pacifiques avec les Arabes.

Louis de Bracevitz, né à Raguse vers 1772, avait déjà pris part à l’expédition d’Egypte : après la prise du Fort-l’Empereur, un envoyé du dey se présenta aux avant-postes français ; Bracevitz fut chargé, malgré son âge avancé, d’aller lire au dey les conditions de sa capitulation et de les discuter avec lui.

Deux vocabulaires arabes avaient été mis à la disposition des officiers du corps expéditionnaire : le premier, suivi de dialogues, et composé par l’interprète Benjamin Vincent, était publié par ordre du ministre de la Guerre.

Le second avait pour auteur Abraham Daninos, né à Alger en 1797 et naturalisé français, qui exerçait en 1830 les fonctions d’interprète au Tribunal de commerce de la Seine ; « il avait écrit divers ouvrages en langue française et arabe … nommé guide-interprète, il fut le plus puissant auxiliaire du commandant de la frégate-pilote. »

La proclamation adressée aux Arabes par le général de Bourmont avait été traduite, avant le départ du corps expéditionnaire, par Jean-Charles Zaccar, né à Damas en 1789, alors vicaire de l’église Saint-Nicolas à Marseille ; sans quitter la prêtrise, il fut nommé interprète du corps expéditionnaire, attaché aux gouverneurs généraux, mis à la disposition de l’évêché d’Alger en 1845 où il fit des cours de langue arabe pendant 3 ans.

Joanny Pharaon, né au Caire en 1803, interprète au Gouvernement Général de l’Algérie, fut nommé en 1832 professeur d’arabe à Alger ; il publia, dès 1832, la première grammaire algérienne.

Louis-Jacques Bresnier, né à Montargis en 1814, nommé en 1836 professeur à la chaire d’arabe d’Alger, jusqu’à sa mort le 21 juin 1869.

Adrien Berbrugger, né en 1801, se rend en Algérie en 1834, où il est d’abord secrétaire particulier du maréchal Clauzel, puis il suit Valée à la prise de Constantine.

Fin 1846, une chaire d’arabe est créée à Oran, confiée à l’interprète Hadamard.

Jacques-Auguste Cherbonneau, né en 1813, est nommé à la chaire d’arabe de Constantine. On lui doit, parmi de nombreux ouvrages, 2 dictionnaires français-arabe et arabe-français.

William Mac-Guckin, baron de Slane, né à Belfast en 1801, ayant obtenu ses lettres de naturalisation, se rend en Algérie  de 1843 à 1845 pour une mission confiée par le gouvernement français, à la suite de laquelle il est nommé interprète principal de l’armée d’Afrique le 1er septembre 1846. Son épouse est la nièce de Bugeaud.

Nicolas Perron, né à Langres en 1798, nommé à la tête du collège arabe-français créé à Alger en 1857 à l’initiative du maréchal Randon. En 1864, il est nommé inspecteur des écoles arabes-françaises de l’Algérie, jusqu’à sa retraite en 1872.