En 1949, les frères Sidos (Pierre, Jacques et François) créent Jeune Nation dont l’emblème est la croix celtique (que reprendra l’OAS)

De 1954 à 1958, la Cagoule (1936) resurgit sous le nom de « Grand O » par l’intermédiaire du Dr Martin (« Grand V »). Le Grand A est le général Paul Cherrière commandant en chef à Alger en 1955, le Grand B le général 5 étoiles Lionel-Max Chassin coordinateur en chef des forces aériennes du Centre-Europe (OTAN) à Fontainebleau, le “petit a” est le secrétaire général des Anciens d’Indochine Yves Gignac

En novembre 1954, Poujade organise à Alger le 1er congrès national de l’UDCA (Union de Défense des Commerçants et Artisans dont la version politique est l’UFF Union et Fraternité Française).

Fin 1955, l’UDCA compte plusieurs dizaines de milliers de militants actifs, qui quadrillent le terrain, et des centaines de milliers de sympathisants.

En 1955, Martel crée l’UFNA (Union Française Nord-Africaine) recrutant ses nombreux adhérents parmi « les petits et moyens colons, employés de tramway et de chemins de fer, employés d’usines ».

En 1956, Jacques Soustelle, gouverneur général de l’Algérie, crée l’USRAF (Union pour le Salut et le Renouveau de l’Algérie Française)

En 1956, le docteur Kovacs (PN d’origine hongroise) crée l’ORAF (Organisation de la Résistance de l’Algérie Française) qui rassemble les agents « contre-terroristes » des Unités Territoriales … Sa branche civile et parlementaire, le « comité des six » (ou des dix), est dirigée par Michel Debré ; sa  branche militaire par le général Cogny.

Sont aussi membres de l’ORAF le docteur Perez, Achiary, commissaire de la DST, sous-préfet de Guelma durant les massacres du Constantinois …

Joseph Ortiz (PN), patron du café Le Forum à Alger, responsable UDCA dans les années 50, rejoint naturellement l’ORAF …

Le 6 février 1956, à Alger, le journaliste Joly, ancien Cagoulard, rencontre un des meneurs, Martel, à qui il présente Grand O et à qui il propose de rencontrer Grand V, alias Dr Martin : c’est ainsi que Martin transmettra à Martel toutes les informations du réseau clandestin.

Après la manifestation du 6 février 1956, l’UFNA de Martel est dissoute …

Face à la répression du ministre-résident Lacoste, plusieurs groupes clandestins se forment. Les militants se divisent entre ceux qui rejoignent l’ORAF et ceux comme Crespin, adjoint de Martel, qui créent le CRF (Comité de la Résistance Française).

A Paris, le mouvement contre-révolutionnaire intègre une formation de réfugiés hongrois, arrivés en France après la sanglante répression de Budapest (qui fait le 23 avril 1956 20 000 morts et 160 000 réfugiés), et constitués en une unité spéciale.

En 1956-1957, la Cité catholique de Jean Oussey crée clandestinement dans l’armée, sous l’impulsion du capitaine Cathelineau (tombé en Kabylie en 1957), un réseau de cellules d’études et d’action (plus d’une centaine en Algérie, chacune de 5 à 6 soldats ou gradés) …

En 1957, Lagaillarde (parents installés à  Alger en 1932 alors qu’il avait 1 an), sous-lieutenant parachutiste et avocat, devient président de l'Association Générale des Étudiants (Européens) d'Algérie (A.G.E.A.).

Début 1958, des tracts signés « les commandos de l’Algérie française » circulent …

Le comité des « Sept » précède les CSP du 22 mai 1958 : Lagaillarde, Martel, Dr Lefebvre, Goutailler, Crespin, Maître Baille.

Le 18 mai 1958, création de Jeunesse Française

En juin 1958, le général Chassin (cf 1954), le Dr Martin (cf 1930) et Martel fondent le “Mouvement Populaire du 13 mai” (MP13).

Le 19 septembre 1958, Biaggi s’allie avec Bidault, Duchet et Arrighi pour créer le Rassemblement pour l’Algérie Française (RAF).

Le 7 octobre 1958, Pierre Sidos (1949) reforme sous le nom de Parti Nationaliste le mouvement Jeune Nation (1949 dissout le 15 mai 1958) dont il reprend la croix celtique.

Le 11 novembre 1958, Ortiz fonde le FNF (Front National Français) : le capitaine (UT) Ronda participe à la montée en régime du FNF en y apportant le poids de la Fédération des Amicales des UT.

A partir de janvier 1959, Armée-Nation, petit groupe intégriste clandestin, se manifeste : il aurait compté une cinquantaine d’officiers à Paris et des correspondants en métropole, notamment à Lyon, et en Algérie

Le 9 juillet 1959 fondation du MPC Mouvement pour la Communauté, rebaptisé Mouvement Pour la Coopération : c’est en réalité une filiale gaulliste, qui provient en majeure partie de l’ancien service d’ordre du RPF, le SAC (Service d’Action Civique), secrètement équipé et armé par le Pouvoir pour répondre au « terrorisme » des activistes par un contre-terrorisme …

Le 10 novembre 1959, Oran parvient à l’unité des différents mouvements (CANAC, MP13, FNF, FNE, Mouvement Pour l’Instauration d’un Ordre Corporatif (MPIOC) du Dr Lefebvre, Mouvement Universitaire Pour le Maintien de la Souveraineté Française en Algérie (MUPMSFA) …) avec la formation d’un comité d’entente des mouvements nationaux.

Le 13 novembre 1959, Ortiz veut reproduire à Alger ce qu’il a « inspiré » à Oran : il lui faudra 1 mois pour réunir dans un comité d’entente « son » FNF, le MP13, le MPIOC, Démocratie Chrétienne (Lopinto et Lagaillarde), le RAF (Babeau, Fourrier, Me Baille), l’AGE (Susini et Maréchal) …

80% des territoriaux (15 000 hommes) en armes présents le 1er jour des barricades le 24 janvier 1960 appartiennent au FNF d’Ortiz …

Le 16 juin 1960, à Alger, suite à une réunion entre ex-FNN et ex-UNR, naissance du Front Algérie Française (FAF) … on y retrouve l’instituteur Zattara, le conseiller général Vignau, «contre-terroriste chevronné», selon le journaliste R. Kauffe, l’ingénieur (EGA) Capeau …

C’est le noyau FNF d’Oran qui fournit l’élément moteur du nouveau parti avec Conesa, Tabarot …

Le comité directeur est présidé par le Bachaga Boualem.

… FAF dans lequel chacun s’accorde à voir « un véritable rassemblement précurseur de l’OAS » (A. Déroulède) » et qui recueille 420 000 inscriptions en quelques jours pour finir à 1 million (dont plus de 130 000 musulmans) avant sa dissolution par ordre des autorités au mois de décembre. (il est bien implanté à Oran comme à Alger)

Doublé d’une structure clandestine, le FAF réussit à nouer des contacts avec des officiers de confiance : le général Jouhaud, le capitaine Sergent, le lieutenant Degueldre …

La similitude des hommes et des objectifs était telle que le programme du FAF clandestin comprenait, outre la constitution de stocks d’armes, un projet d’élimination physique du chef de l’Etat ; il n’est pas jusqu’au slogan « le FAF frappe où il veut et quand il veut » qui ne préfigurât l’Organisation secrète.

Le 15 septembre 1960, le général Salan, suite à sa déclaration : « Nul n’a le droit de décider l’abandon d’un territoire où s’exerce la souveraineté de la France, plus particulièrement en ce qui concerne l’Algérie. », est convoqué en métropole par Messmer, ministre des armées, et se voit notifier l’interdiction de retourner vivre en Algérie : quelques jours plus tard, il s’installe en Espagne avec son aide de camp, le capitaine Ferrandi.

Le 15 octobre 1960, le général Jouhaud, qui a sollicité une retraite anticipée, revient en Algérie.

Le 3 novembre 1960 s’ouvre le procès des Barricades : Lagaillarde, Ronda et Susini, à qui le tribunal accorde la liberté provisoire, en profitent pour gagner eux aussi l’Espagne.

En décembre 1960, le FAF (16 juin) est dissout ; des dissidents de La Nation française, convaincus de l’urgence du moment, lancent L’Esprit public, revue qui passe pour être le porte-parole officieux de l’Organisation secrète …

Le 2 janvier 1961, le général Salan reçoit à Madrid Poujade …

Le 9 janvier 1961, Lagaillarde lance de Madrid un appel aux armées : « Européens et musulmans, hommes et femmes, soldats, hommes des villages et des campagnes, unissez-vous, car nous allons nous battre. »

Le 24 janvier 1961, la « section de surveillance des travaux parlementaires » de l’OAS envoie une lettre aux députés …

Le 30 janvier 1961, le général Salan reçoit à nouveau Poujade …

Le 10 février 1961, à Madrid, 3 hommes entourent le général Salan : Lagaillarde, Susini et Ronda.

Le colonel Godard crée un organigramme, qui reprendra les structures du FLN de la bataille d’Alger … le nom initial était Organisation Action Secrète : il deviendra Organisation Armée Secrète (référence à l’Armée Secrète de 1942)