Le 18 janvier 1952, en Tunisie, les principaux dirigeants communistes et néo-destouriens sont arrêtés : c’est le début de la lutte armée contre le protectorat.

Fin 1952, une organisation secrète, la Main Rouge, aurait été créée par des « colons » pro-français radicaux de Tunis : des meurtres et des attentats lui sont imputés d’abord en AFN, en Tunisie … :

- le 5 décembre 1952, près de Radès (Tunisie), l'assassinat du militant et syndicaliste tunisien Farhat Hached …

- le 13 septembre 1953 à Nabeul (Tunisie), celui de Hédi Chaker, figure du mouvement national tunisien, un des fondateurs du néo-Destour …

- le 24 mai 1954, en Tunisie, ceux des frères Taher et Ali Haffouz, secrétaire général et trésorier de la 1ère cellule du Néo-Destour en 1937 …

- le 13 juillet 1954, celui d’Abderrahmen Mami, nationaliste et médecin particulier du bey de Tunis …

Le 31 juillet 1954, à Carthage, Pierre Mendès-France annonce l’octroi de l’autonomie interne à la Tunisie et la formation d’un gouvernement intérimaire. …

puis au Maroc :

- le 11 juin 1955, à Casablanca (Maroc), l’assassinat de Jacques Lemaigre Dubreuil, militant pour l'autonomie du Maroc …

Lorsque l'indépendance du Maroc est proclamée, le 2 mars 1956, la Main rouge … prépare le terrain au monarque Mohamed V en éliminant ses adversaires, tels les franges progressistes de l'Istiqlal.

Le 20 mars 1956, c’est l’indépendance de la Tunisie.

La branche militaire de l’ORAF (Organisation de la Résistance de l’Algérie Française) est dirigée par le général René Cogny, résident au Maroc du 3 juillet 1956 au 29 mars 1958

Philippe Castille, lieutenant de réserve du 11ème Choc, le service action du SDECE, est membre de l’ORAF et sera plus tard membre de l'OAS

A partir de septembre 1956, une nouvelle vague d’attentats, en Europe cette fois, est attribuée à la Main rouge, mais il s’agit plus sûrement d’une 2ème Main Rouge composée de membres de l’ORAF, voire même du SDECE :

- le 28 septembre 1956, à Hambourg, Otto Schlütter, un trafiquant d'armes qui approvisionne le FLN, est visé ; un de ses employés est tué …

- le 3 juin 1957, c’est la mère d’Otto Schlütter (cf 28 septembre 1956) qui est assassinée …

Pendant le séjour de la 11e DBPC en Algérie, on décide de créer une section spéciale et un détachement spécialisé : le 1erjuillet 1957 est alors crée la Section A/CCI (service action) commandé par le Capitaine Texier et un détachement spécialisé appelé DS.111.

- le 18 juillet 1957, à Tanger (Maroc), le navire la Bruja roja appartenant au trafiquant allemand Georg Puchert, saute …

- le 21 juillet 1957, à Tanger (Maroc), c’est le navire Typhoon qui saute …

- le 30 juillet 1957, entre Tanger (Maroc) et Gibraltar, le petit cargo Emma saute …

En septembre 1957, le général Grossin est nommé à la tête du SDECE, les services secrets français (jusqu’en 1962) : bizarrement, à compter de sa nomination, les attentats de la Main rouge vont définitivement quitter l’Afrique du Nord pour l’Europe … Le général Grossin, né en 1901 (à Oran), passe une partie de son adolescence à Casablanca … il effectue son service militaire (2 ans dans le Génie) au Maroc … il retrouve le Maroc en 1930 … Son bras armé est le 11ème Choc (cf 1er juillet 1957)

La Main Rouge aurait été dirigée par un officier du SDECE, le colonel Marcel Mercier, sous les ordres directs de la présidence du Conseil (Mrs Foccart et Debré). Ses exécutants sont des agents du SDECE épaulés, selon les circonstances, par des policiers, des anciens militaires et des petits truands. On compte seulement quelques dizaines de membres. …

- le 9 septembre 1957, à Genève (Suisse), Georges Geitser, fabricant de détonateurs, est poignardé …

- le 19 septembre 1957, toujours à Genève, c'est Marcel Leopold, autre trafiquant d'armes, qui est assassiné par une flèche empoisonnée au curare tirée à la sarbacane …

- le 1er octobre 1958, à Hambourg (Allemagne), le navire Atlas saute …

- le 5 novembre 1958, à Bonn (Allemagne), assassinat du dirigeant du FLN, Aït Ahcène, sous couverture diplomatique tunisienne …

- le 28 novembre 1958, à Rabat (Maroc), l'avocat algérien Auguste Thuveny est tué dans l'explosion de sa voiture …

- le 19 janvier 1959, devant la gare de Sarrebrück (Allemagne), l'Algérien Abd-El Soualem est tué …

- le 3 mars 1959, à Francfort (Allemagne), Georg Puchert (cf 18 juillet 1957) saute dans sa voiture piégée …

- le 13 avril 1959, à Ostende (Belgique), le cargo Alkaira saute …

- le 21 mai 1959, rue Saint-Marc à Paris, la police découvre le cadavre de Ould Aoudia, avocat du barreau de Paris, tué de 2 balles de 9 mm …

- le 5 juillet 1959, à Rome (Italie), une opération ratée vise le représentant du FLN Taïeb Mohamed Boulhouf, et tue un enfant de 10 ans …

- le 5 septembre 1959, dans le Val d'Aoste, des montagnards trouvent à 3000 mètres, à Testa di Balbe, un avion pulvérisé à la suite d'une explosion en vol : 5 cadavres dont celui d'un Algérien de l'entourage de Ferrat Abbas …

- le 7 septembre 1959, à Beyrouth (Liban), Mohammed Mahmoud Djami, gendre de l'ancien président du Conseil Irakien est de retour de Montreux (Suisse) où il a rencontré Ferrat Abbas. Il est abattu de 4 coups de revolver alors qu'il allait embarquer à bord d'un avion en partance pour les USA …

- le 1er janvier 1960, Abd El Kader est blessé, les deux mains arrachées par une explosion …

- le 9 Mars 1960, à Bruxelles (Belgique), l'étudiant Akli Aïssou est tué d'une balle …

- le 25 mars 1960, deux professeurs d'université belges favorables à l'indépendance algérienne sont visés : le professeur Georges Laperches est tué à Bruxelles par un colis piégé; le même jour, dans la même ville, Pierre Le Grève, se méfiant d'un livre piégé, a la vie sauve …

- le 26 Septembre 1960, on retrouve en forêt de Rambouillet, le cadavre de Mohammed Mammar, speaker kabyle à la RTF.

- le 15 octobre 1960, à Genève (Suisse), Félix Moumié, leader camerounais de l'opposition, est empoisonné. Le même jour, à Munich (Allemagne), Wilhem Beissner perd les deux jambes dans l'explosion de sa voiture : ce sont les derniers attentats attribués à la Main Rouge.

De nombreux assassinats en Allemagne de l’Ouest, Suisse, Belgique, Pays-Bas, Italie … auraient fait 135 victimes pour la seule année 1960.

Le sigle « Main rouge » est utilisé durant la guerre d'Algérie lors d'actions de déstabilisation des réseaux du FLN …

La décision de de Gaulle d'accorder l'indépendance à l'Algérie place les hommes de la Main rouge dans une situation délicate : ils rencontrent l'OAS mais la différence de nature des deux structures ne permet pas de trouver un accord. Certains de ses membres participent, à titre individuel, aux activités de l'OAS.